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Maman ?!

Dans la BBthèque, vous avez déjà eu l’occasion de découvrir un pan d’univers de l’illustratrice Elis Wilk quand elle s’adresse à une famille naissante, à des tout-petits grandissant. Aujourd’hui, j’ai le grand plaisir de vous présenter un nouveau titre écrit et illustré par Elis Wilk, aux éditions belges Versant Sud dont c’est la première publication à destination des bébés lecteurs… véritable coup de cœur ici :

maman !? d’elis wilk

Un très jeune enfant, blondinet en pyjama rouge, et au très joli prénom… Zéphyr… dessine, déjà, en toute autonomie, sur une feuille blanche, elle-même posée sur un tapis multicolore dans une pièce où figurent deçà-delà quelques uns de ses jouets et objets du quotidien : son biberon, à l’instant terminé, une peluche, une casquette, une chaise d’enfant, un ballon, un livre…

Tout à coup, Zéphyr dit : maman ?!

oui mon petit chat !

Et c’est ainsi que, le cadre posé, démarre un dialogue et un jeu de représentations tout en amours et imagination : quand Zéphyr appelle sa maman, sa maman lui répond « oui », complète sa réplique d’un mot tout doux le décrivant, et l’illustration l’accompagnant ne représente non pas la maman, mais l’enfant littéralement devenu ce mot tout doux : voici Zéphyr transformé, pour commencer, en petit chat ! Le bébé, encouragé et guidé par la voix maternelle, quitte le tapis et avance lentement à quatre pattes tout en continuant d’héler sa mère, avec un peu plus d’insistance : « maamaan ?! » … « Oui mon petit escargot ! »  Voici Zéphyr métamorphosé en escargot !

De double page en double page, l’enfant progresse dans sa promenade, à quatre pattes puis debout, du tapis à la table en passant par le petit coin, toujours interpellant sa maman, qui, continuellement disponible, lui répond toujours par l’affirmative tout en l’affabulant d’autres noms d’animaux… raccords avec son itinéraire, pour enfin atteindre les jambes de l’interpellée, elle-même en train de dessiner, attablée :

maman !

oui mon bébé d’amour !

Elle le prend dans ses bras, les voici tous deux représentés pour la première fois ensemble, souriants ; l’enfant, qui a conservé quelques traces sur son visage de ses incarnations successives et éphémères, tient le pinceau de la maman entre ses doigts, prêt à lui rendre affectueusement la pareille… quand tout à coup le voilà qui s’écrie, non pas « maman » mais…

caca !

Zéphyr, au terme de son périple, est ainsi devenu un grand, capable de savoir quand il a fait, va faire ou non… caca. Alors la maman ne le dit pas à haute voix, mais dessine, délicatement, un enfant-putois.

OR DONC...

  • Une émouvante et éclatante lecture-promenade sur l’amour filial, centré sur la relation mère-enfant, et réciproquement… au menu, convergence et en même temps différences de point de vue… dépeintes avec autant d’humour que de caresses ;
  • Un accompagnement, sobre et fin, à l’autonomie du jeune enfant ;
  • Une mise en scène, délicate et sans cesse renouvelée, de de la création et de la créativité, de la naissance jusqu’à l’âge adulte, l’une et l’autre se nourrissant mutuellement.

Nota bene : ce livre a été réalisé lors d’une résidence de création à Valuéjols dans le Cantal, avec le soutien du Centre National du Livre, le Conseil Départemental & la Médiathèque Départementale du Cantal ainsi que la municipalité de Valuéjols. Merci à eux aussi pour cette belle initiative.

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Visite à la maternité : la famille s’agrandit !

C’est le retour dans la BBthèque de la collection « Les maisons de Léon » de Lorea de Vos, chez Marcel & Joachim : une série de livres tout cartonnés dont la conception, architecturale et ludique, donne à découvrir au jeune lecteur un bâtiment… aujourd’hui, dans Toi, moi, nous, l’hôpital, à l’occasion de la naissance du petit frère ou de la petite sœur du héros éponyme, Léon.

L’histoire commence ainsi : Léon, petit garçon, et son papa dialoguent dans la rue…

– Papa, Papa, alors, j’ai un petit frère ou une petite sœur ?

– Je t’ai dit que tu aurais la surprise et tu ne vas pas attendre longtemps car nous partons voir Maman à l’hôpital.

Et c’est parti pour une visite de l’hôpital, service maternité : le bâtiment se construit progressivement au fil du parcours du père & du fils relaté sur les pages de gauche, traduit par un judicieux jeu de découpage sur les pages de droite…

  • au rez-de-chaussée les urgences
  • au premier étage l’accueil et la salle d’attente ainsi que les salles de consultation de gynécologie et obstétrique
  • au deuxième étage les salles de soin aux nouveaux-nés…
  • et, acmé de la visite, au dernier étage, les chambres pour les suites de couche, où se trouvent la maman & le bébé tant recherchés !

Au-delà, un joli biais, tendre mais aussi pédagogique, pour aborder avec un premier enfant la naissance d’un second enfant.

Quelques images ici : http://www.marceletjoachim.fr/catalogue/#/toi-moi-nous/

Pssssss : sur le thème « la fratrie s’agrandit… », je vous (re) recommande, avant la naissance du second enfant, cet autre album, poétique, sur ce qui prend vie dans le ventre de la maman, où un aîné demande à sa mère :

Qu’est-ce qu’il y a dans ton ventre ? et qu’elle lui répond par une série d’images, d’évocations et de projections… C’est signé Sara Trofa et Elis Wilk aux éditions Le diplodocus.

 

 

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Mon tout petit, à moins que ce ne soit moi ?

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Albertine et Germano Zullo signent en 2015 à la Joie de lire l’album Mon tout petit, à feuilleter pour mettre en mouvement & apprécier la danse de ces protagonistes, parent-enfant, en l’occurrence une maman & son fils, qui, pas à pas, symbolise leurs échanges, leurs partages, ce qu’ils se transmettent l’un à l’autre, leur histoire, leur amour, leurs émotions.

La mère parle à son bébé, son enfant, de ses mots simples, essentiels, tout en tournant sur elle-même avec ce tout petit dans ses bras, ce tout petit qui de page en page grandit, les mouvements, si doux si délicats au début s’emballant, s’amplifiant, à mesure que l’enfant atteint la taille adulte… Peu à peu le minuscule bonhomme devient un homme, qui à son tour soulève sa mère de ses bras pour le deuxième temps de la valse, versant du cycle de la vie : la mère rapetisse et vieillit, son enfant prend le relais et la porte, ils virevoltent encore, avec leur(s) coeur(s) & leur(s) énergie(s).

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Un livre, que dis-je, une chorégraphie, sobre — les mots de Germano Zullo comme cet aspect croquis du trait d’Albertine au crayon gris — et symbiotique sur l’amour d’une mère pour son fils… et réciproquement, à partager entre parent et enfant.

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Un coeur qui bat

Encore un très beau livre tout-cartonné sur la mise au monde d’un enfant : co-signé Virginie Aladjidi (texte) et Joëlle Jolivet (illustrations, je dirais même plus, gravures) chez Thierry Magnier, collection Tête de lard, un livre-zoom intitulé Un cœur qui bat.

un coeur qui bat joelle jolivet virginie aldjidi.jpg

Couverture superbe : un fauteuil en forme de cœur ❤ accueille une maman dont le cœur bat ❤ en portant, en son sein, un autre petit cœur qui bat déjà ❤

De double page en double page, les auteurs amènent peu à peu le regard des bébés lecteurs vers cette vie naissante, par un jeu participatif de questions-réponses permettant de situer la conception d’un être humain dans son environnement immédiat et moins immédiat :

Dans l’univers, savez-vous ce qu’il y a ?

Il y a la Terre.

Sur la Terre, savez-vous ce qu’il y a ?

Un pays.

Dans ce pays, savez-vous ce qu’il y a ?

Un jardin.

En bref et pour continuer la série d’emboîtements : univers > planète Terre > pays > jardin > immeuble > appartement > salon > fauteuil > maman > bébé < maman < fauteuil < salon < appartement < immeuble < jardin < pays < planète Terre < univers ! Le tout, rythmé, s’ouvrant et se fermant comme un conte randonnée, où l’être à venir paraît tout à la fois infiniment petit à l’échelle de l’univers & infiniment grand déjà aux yeux de ses proches et parents… rapprochement ultime de l’universel et de l’intime :

Un battement

au cœur

du bébé

de la maman

assise

dans le fauteuil

du salon

de l’appartement

de l’immeuble

du jardin

d’un pays

sur la Terre

qui tourne

dans l’univers.

Un album tendre et profond, à lire et relire avec son voire ses enfants, à l’occasion d’une naissance ou tout au long de la vie.

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Qu’est-ce qu’il y a dans ton ventre ?

Une question d’enfant

à sa maman

qui attend un autre enfant :

« – qu’est-ce qu’il y a dans ton ventre ? »

Une question d’enfant…

qui constitue le titre et l’objet du très beau livre d’un duo d’auteurs, Sara Trofa au texte si onirique et poétique, Elis Wilk aux illustrations diluées et colorées, publié par le diplodocus, une très jeune maison d’édition quoiqu’en dise son nom :

qu-est-ce-qu-il-y-a-dans-ton-ventre-diplodocus

« – Dans mon ventre, il y a… »

mille germes de trésors :

la maman narratrice de multiplier, de double page en double page, les images de la vie pour donner corps et sens à ce qui se développe pour l’instant à l’intérieur & se devine seulement de l’extérieur…

Dans mon ventre, 

il y a un trèfle à quatre feuilles.

J’espère qu’il me portera chance.

Une ode poétique à la maternité, pour échanger avec les bébés sur l’aventure de la naissance, celle du bébé à venir… comme celle de tous les autres bébés, à commencer par toi, bébé lecteur !

Dans mon ventre,

il y a toutes ces histoires que je t’ai racontées…

… et celles qu’ensemble vous inventerez.

Place aux émotions, au partage et à la gestation… ! Un livre merveilleux à feuilleter, dire, lire, chanter… en famille, quand la fratrie pointe le bout de son nez.

… & un aperçu ici de ce qui se trame ou s’est tramé un jour dans le ventre de toute maman : http://www.le-diplodocus.fr/catalogue/quest-ce-quil-y-a-dans-ton-ventre…  !

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Sous les étoiles…

Sous les étoiles… 

la terre…

Et sur la terre… ?

Au gré du vent…

vole…

un papillon.

Lumière aujourd’hui sur la réédition récente d’un très beau livre, tout cartonné, célébrant la vie en mouvement et les organismes vivants : Sous les étoiles… — du rôle fondamental des points de suspension —, signé Martine Perrin aux éditions Les Grandes Personnes :

Livre-objet, livre-jeu à manipuler… le concept à l’œuvre, c’est un imagier à dévoiler, par un jeu de découpes où le motif rond est roi, accompagné de couleurs vives annonciatrices de l’élément à trouver aux pages suivantes :

  • sous le cercle de la couverture, ciel empli d’étoiles… la Terre, multicolore ;
  • le feuillage, vert, de l’arbre émergera des courbes de la colline ;
  • le soleil, jaune, révélera ses rayons tout là-haut…

De page en page, le bébé lecteur découvre, toujours en quatre temps aka quatre pages — 1 : une image : un complément circonstanciel ; 2 : un cache, rond : un verbe ; 3. un trou, rond : suspens… quel sera l’être derrière la page ? 4. une image : l’être en action, soit le sujet de la phrase ! le tout exprimé via un duo de couleurs complémentaires propre à chaque séquence, mais qu’on retrouvera plus tard… sous une forme un peu différente… car l’existence est faite de résonances — l’essence éternellement renouvelée de la vie sur la planète Terre : le soleil, la pluie et le vent, les animaux volant et nageant, les végétaux fleurissant, et, bien sûr, pour parachever ce tableau, comme un cadeau à l’homme, le bébé naissant du ventre de sa maman :

Et sur la terre…

vient…

un enfant.

Une lecture poétique, graphique, symbolique et magnifique, accessible à tout âge pour les petits enfants… et les futurs ou déjà parents, donnant à voir ce qui ne se voit pas encore…, du moins à première vue.

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Maman, papa, et avant ça…

Bientôt la fête des mères, la fête des pères… et vous n’avez pas de cadeau en tête ? Un bébé vient de naître dans votre entourage, et d’un présent qui fera date vous êtes en quête ? Votre propre enfant ne dit pas encore « papa » ou « maman »… pourtant vous avez vraiment vraiment hâte et vous ne seriez pas contre un petit coup de pouce !? Il ou elle ne comprend pas encore le concept de grand-parent  ?

A toutes ces questions, et à bien d’autres encore, une réponse sensationnelle est apportée ce printemps par l’auteur-illustrateur Emilie Vast, qui publie chez MeMo, collection Tout-petits cartons, deux albums tout cartonnés de toute beauté :

de maman en maman

& de papa en papa

 

Sont-ce des livres ou des poupées ? Des livres de poupées. Pour petites filles ? Petits garçons itou également. Pour mamans ? Et papas ! Et leurs mamans… Et leurs papas… ! OK… qu’est-ce donc que ces poupées qui nous sont livrées ? Des poupées… russes ! Chaque page de ces albums tout cartonnés, couverture et quatrième de couv’ comprises, incluent, dans leur format rectangulaire, le dessin d’une poupée russe : et plus l’on progresse dans la lecture, plus la taille de la poupée décroit. Pourquoi ? Pour coïncider avec le sens du propos : la généalogie du bébé lecteur. Ainsi démarre ce double récit de la vie :

« Il y a très, très, très, très longtemps, la maman de la maman de la maman de la maman de la maman de ma maman donna naissance à la maman de la maman de la maman de la maman de ma maman. »

et

« Il y a très, très, très, très longtemps, le papa du papa du papa du papa du papa de mon papa donna naissance au papa du papa du papa du papa de mon papa. »

La plus grande des poupées russes, celle qui ouvre le bal, c’est l’ancêtre… La plus petite, qui clôt, pour l’heure, la balade, n’est autre que le bébé… ce petit dernier ! Entre les deux, toutes ces générations de mamans & de papas qui se sont reproduits, les uns après les autres, donnant finalement naissance à ce poupon de lecteur découvrant ainsi tout en poésie son incroyable lignée !

Enfants, parents, grand-parents, arrière-grand-parents, arrière-arrière-…-grand-parents, on remonte le temps…. Ou plutôt on le déroule, on va le chercher loin, très loin, pour l’attirer vers nous, on l’apprivoise, le passé nourrissant le présent :

Par ce procédé judicieux de l’emboîtement, Emilie Vast ancre/encre littéralement le bébé dans la riche histoire de sa conception ; le tout petit est compris dans toutes ces figures familiales qui ont contribué à sa mise au monde ; il est le fruit d’un héritage multiple, en même temps qu’il grandit et que, vraisemblablement, naturellement, le bébé d’hier deviendra parent demain, et pourra narrer la même histoire à son marmot un jour prochain, pas si lointain.

Par cette mise en abîme universelle et ludique, chacun pouvant s’identifier à souhait dans la poupée qui le décrit, en y apposant tous ses souvenirs, Emilie Vast met en mots et en images les questions relatives à l’identité, la filiation, les origines, qu’un jeune enfant peut se poser dès son plus jeune âge, ou poser à ses parents et grands-parents.

Par ce doux enchâssement, où chaque corps, quelle que soit son époque, regorge de vie (chaque habit abrite animaux et végétaux d’une même couleur, et les couleurs se fondent & répondent d’une poupée et d’un livre à l’autre), Emilie Vast dit l’appartenance du tout petit à une grande famille, dont les plus âgés sont peut-être partis, mais que la mémoire, transmise par les parents, ravive à chaque instant. 

Vous l’aurez compris, l’un complète l’autre ! Quelques images de ces ascendances/descendances version matriochka ici et patriochka , avant de vous encourager très vivement à acquérir ces livres, pour que, dans vos chaumières, les papas et les mamans lisent et relisent, chacun & en chœur, leurs histoires à leurs enfants !

 


Pour vous aider à faire main basse sur ces formidables livres en librairie et en bibliothèque, en voici les références complètes :
De maman en maman : matriochka [Texte imprimé] / Emilie Vast. – Nantes : MeMo, 2016. – 1 vol. (16 p.) ; illustrations en couleurs ; 22 x 15 cm.
ISBN 978-2-35289-286-1 : 9,50 EUR
De papa en papa : patriochka [Texte imprimé] / Emilie Vast. – Nantes : MeMo, 2016. – 1 vol. (16 p.) ; illustrations en couleurs ; 22 x 15 cm.
ISBN 978-2-35289-287-8 : 9,50 EUR