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Tous super héros !

La BBthèque reprend du service après une coupure estivale bienvenue ! Et pour ce faire, rien de moins qu’un retour qui révèle et célèbre les super héros sommeillant en chacun de nous 😉 Lumière aujourd’hui sur le nouvel album d’Emilie Vast aux éditions MeMo :

Je veux un super pouvoir !

Où nous retrouvons les deux lapins complices d’un autre album d’Emilie Vast, Moi, j’ai peur du loup (album extra soit dit en passant, et chroniqué ici sur la BBthèque)…

Deux paires d’oreille affûtées et des compères qui refont le monde.. en conversant. Le lapin brun ne confesse plus ses peurs cette fois-ci mais il émet comme un souhait et se lance, à cet effet, dans une singulière quête en compagnie de son ami : « je veux un super pouvoir » dit l’un, oui mais lequel, répond l’autre ? Le lapin brun émet toutes sortes de propositions, mais le lapin beige trouve toujours quelqu’un d’autre disposant déjà de ce pouvoir. Mince alors se dit le lapin brun !

Chemin faisant, il fait, avec les jeunes lecteurs, un bel apprentissage. A chacun ses capacités, son super pouvoir, adapté à ses besoins… Toutes les merveilles sont dans la nature : chaque animal présenté dispose d’une fantastique ressource naturelle clé, tel un super héros (représenté masqué bien sûr pour le bénéfice de la démonstration) qui aurait sa signature, sa spécialité… son identité !

Et les lapins ? Eh bien les lapins… voient à 360 degrés ! Un super pouvoir qui leur appartient… foi de lapin !

Et les humains ? Lapin beige et Emilie Vast ont pensé à tout : les humains ont le… super… extra… formidable… incomparable… pouvoir de… lire des histoires… pardi ! de les comprendre, retenir, apprécier, habiter, interpréter…

Un album tout en humour et finesse où l’on apprend à connaître et apprécier les capacités de chacun, celle des autres comme les siennes !

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Nouveaux livres à gogo #3 : et la nuit fut

Depuis le 11 mai, top départ du déconfinement progressif, la BBthèque met en lumière des albums récents que vous pourrez vous procurer dans vos librairies indépendantes préférées si elles ont redémarré leur activité. La BBthèque continue pour ce faire de vous inviter à vous enquérir auprès de votre libraire de proximité de ses modalités d’ouverture et/ou de réservations-retraits de documents.

Et par ce beau soleil, la nuit se ferait presque oublier… C’est pourquoi la BBthèque vous propose aujourd’hui une sélection d’albums sur la nuit dans tous ses bienfaits :

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Lune de Junko Nakamura aux éditions MeMo est un album doux et poétique où la lune est un spectacle, un poème.

« Quand le cirque se termine, c‘est la nuit.

Elle doit être là, la lune qui nous regarde. »

Elle apparaît en effet, lumineuse, souriante, bienveillante, apaisante, présente… pour tous… toutes les nuits.

 


Aaaaaawh - Marco Viale - La Joie de lireAaaaaawh ! de Marco Viale aux éditions La Joie de lire : qui dit nuit dit sommeil… et lecture du soir.

Marco Viale et La Joie de lire ont conçu… le livre du bâillement ! Sur la page de couverture, est-ce un cosmonaute ? Que nenni c’est une bouche ouverte tout grand, tout rond, jusqu’à laisser un trou tout grand, tout rond, sur la page de couverture cartonnée de cet album papier où défilent ensuite les images de bâilleurs qui se transmettent les uns aux autres, à la vitesse éclair, leur envie de bâiller.

Avis à celle ou celui qui lira ce livre à haute voix : il est très drôle de lire ce livre en bâillant ! Gageons que les jeunes lecteurs seront eux aussi contaminés par cette non-maladie les conduisant pas à pas dans les bras de Morphée.


Le lapin, la nuit et la boîte à biscuits - Nicola O'ByrneLe lapin, la nuit et la boîte à biscuits de Nicolas O’Byrne aux éditions Flammarion – Père Castor raconte l’histoire d’un jeune lapin bien déterminer à ne pas se coucher quand la nuit pointe le bout de son nez. Mais bien embêté : si la nuit tombe, il faudra bien que je me couche… et si je faisais en sorte que la nuit ne vienne pas ? Le petit lapin piège ainsi la nuit : il lui propose un biscuit, mais quand la nuit tend la main pour attraper cet appât, bam le lapin referme sur elle la boîte à biscuits qui contient désormais… la nuit.

La nuit et le lapin conversent alors : la nuit tente de convaincre le lapin par toutes sortes d’arguments très intéressants… Jusqu’à ce que le lapin ait le déclic : la nuit ne peut pas ne pas être, son absence a trop de conséquences sur la vie des plantes, des animaux, et même des petits lapins qui ont besoin de dormir à défaut d’en avoir envie !

Ouf. En plus la nuit réserve une belle surprise au petit lapin et aux jeunes lecteurs : le spectacle des étoiles, au travers d’une toile à déplier, pour commencer ; une histoire du soir pour s’endormir et… rêver !


Et si tu es encore réveillé quand la nuit est tombée, plutôt que de l’enfermer, tu peux, comme Junko Nakamura, observer la lune, mais aussi les étoiles… et t’initier ainsi à l’astronomie : 

Des animaux dans le ciel de Sarah Gillingham aux éditions Phaidon invitent les jeunes lecteurs à tourner leurs yeux vers le ciel et les étoiles scintillantes, distinguer des formes, imaginer des lignes entre certaines étoiles pour dessiner des animaux, en leur proposant des devinettes ! 

« J’ai un long museau, comme le chien. Je me déplace en meute et je hurle la nuit. Quel animal suis-je ? » Et hop, l’enfant lecteur soulève le rabat pour découvrir un loup étoilé !

 


Pssst : vous pouvez retrouver encore d’autres ouvrages où il est question de la nuit ici !

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Au-delà des bestiaires

Place aux animaux dans la BBthèque ce jour, à travers deux splendides livres qui empruntent chacun au bestiaire tout en emmenant ce genre classique pour le tout jeune public vers d’autres genres favorisant itou également, et plus encore quand ils sont combinés avec le premier, l’éveil des tout-petits, et leur promettant un voyage vers un ailleurs, imaginaire et/ou réel : le livre d’art d’une part, le récit d’autre part.

L’art des tout-petits : animaux

Mon premier est le nouveau titre de la collection mettant l’art à portée des tout-petits aux éditions Palette qui (se) consacrent (à) l’éveil artistique. L’ours Pompon en vedette, il convie les jeunes enfants à retrouver les animaux dont ils sont familiers dans des œuvres d’art (peintures, sculptures) d’époques et de styles différents.

Le chat est ainsi dépeint par Suzanne Valadon (Bouquet et chat, 1919), le chien par Franz Marc (Chien couché dans la neige, 1910-1911), le cheval par Xu Beihong (Cheval galopant, 1937), l’on retrouve sur des fresques antiques les dauphins (Fresque des dauphins, 1550-1450 avant J-C) et le lion (Lion de la porte d’Ishtar à Babylone vers 575 avant J-C), et bien d’autres représentations d’animaux à travers une mini histoire thématique de l’art, pensée comme internationale.

Chaque reproduction de chef d’œuvre est accompagnée, comme dans le titre précédent de la collection, par une question semi-ouverte à choix fermé, pour amorcer un dialogue entre les lecteurs et les images, et s’en donner à cœur joie dans le grand jeu de l’observation et de l’interprétation. Le papier, épais, et la couverture, douce et rembourrée, contribuent au plaisir de ce voyage muséal par l’entremise de l’objet livre, dès le plus jeune âge.

Oui, qu’on soit tout-petit (lecteur) ou très-grand (artiste), on connaît tous les animaux, qui nous étonnent, nous intriguent voire nous fascinent.

Quelques extraits ici !

Jusqu’en haut 

Mon second est un livre dont l’arbre est la structure, et ses habitants ses héros. Il est signé Emilie Vast aux éditions MeMo.

Le récit met en scène une ascension au sommet de l’arbre des différents animaux le fréquentant ; une ascension qui constitue également une remontée à la source (le pourquoi du comment) de l’incident qui constitue le point de départ de l’histoire, au tout début du livre.

Mais rentrons plutôt dans le vif du sujet : nous sommes dans une forêt tropicale, et plus précisément au sein de la forêt amazonienne, poumon vert de la planète dans la mesure où elle produit 20% de l’oxygène de la Terre ! Elle abrite végétaux, minéraux, animaux… réunis dans un écosystème extrêmement riche mais menacé par l’exploitation humaine. Emilie Vast met ici en scène ces animaux que nous, adultes, connaissons mal et peu, et les donne ainsi à voir à tous les jeunes lecteurs… sous la forme d’une enquête presque policière !

Au départ, il y a Coati, qui, au sol, cherche à se sustenter avec de fruits. Quand PAF Ocelot lui tombe dessus ! Coati, gêné par la chute, demande à Ocelot pourquoi il lui est tombé ainsi sur le dos. Ocelot répond en relatant l’incident précédent dont lui-même a été victime l’instant d’avant : Ibis l’ayant piqué, il était tombé ; les deux animaux montent rejoindre Ibis pour lui demander la raison de son coup de bec. Ibis incrimine Tamandua et son coup de queue, et voilà les trois animaux en train de monter d’un cran pour interroger Tamandua. De branche en branche, d’animaux en animaux, se reconstitue la réaction en chaîne qui a conduit à la chute d’Ocelot sur Coati : un petit rhume dans la forêt humide, pour le petit Singe-Ecureuil… qui n’aurait, suppose l’auteur, pas bien appliqué les leçons de sa maman Singe-Ecureuil lui recommandant chaudement de bien enrouler sa queue autour de son cou… pour ne pas attraper froid…

Les illustrations, fines, modernes, opposant un arbre noir à des animaux de couleurs, montrent tant des points de détails (animaux, végétaux) que des vues d’ensemble, par un jeu d’alternance qui n’oublie pas d’inviter ses protagonistes principaux, les animaux, à jouer à cache-cache entre eux et avec le jeune lecteur : on les aperçoit, on les devine presque tous, et ce presque dès le début, mais ce n’est qu’au fur et à mesure du récit qu’on les découvre véritablement, et qu’on reconstitue l’histoire.

A la toute fin, sur la dernière double-page du livre, Emilie Vast dresse le portrait des différents animaux présentés, en révélant au tout jeune lecteur leurs principales caractéristiques. On retrouve ainsi : Coati, Ocelot, Ibis rouge, Tamandua, Toucan, Paresseux, Singe hurleur, Ara bleu et Singe Écureuil… êtres fragilisés par un avenir incertain.

Quelques extraits !

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Déshabillons la peur du loup !

Avez-vous déjà assisté à un strip-tease de loup ? Si non, ce sera bientôt chose faite rien qu’en lisant cette chronique… Si oui, vous êtes bons pour un bis repetita ! Cerise sur le gâteau, c’est un loup diantrement élégant qui va se dévêtir sous vos yeux ébahis : un loup à veston marron, gilet jaune citron et nœud papillon rouge, avec un rappel rouge sur pantalon marron…

La BBthèque a le grand plaisir de vous présenter aujourd’hui l’album tout cartonné louyétu ? de Geoffroy de Pennart : sous la plume d’un auteur qui n’en est pas à son premier loup, voici une histoire pour les tout-petits qui prend à rebours la comptine « Promenons-nous dans les bois » et met non seulement le loup (presque) à poil, mais aussi les peurs des jeunes lecteurs à nu, pour mieux leur permettre de s’amuser d’une part, d’apprivoiser cette émotion d’autre part :

Louyétu ?

de Geoffroy de Pennart

aux éditions Kaléïdoscope

louyétu geoffroy de pennart

Mais encore me direz-vous ? Le loup gris, grand et trendy, se prénomme Igor… et tout le monde a peur de lui ! Vous devinez qui ? Monsieur lapin, mais aussi les 3 petits cochons, la chèvre et les sept chevreaux, le petit chaperon rouge (même s’il a troqué ici son chaperon pour un chapeau rond), toi aussi peut-être bébé lecteur, en tout cas c’est pourquoi chacun scande l’air fort inquiet « Loup y es-tu ? Entends-tu ? Que fais-tu ? ».

Ce à quoi le loup répond… non pas je mets mon nœud papillon, mais… je l’enlève ! … Non pas j’enfile mon veston, mais… je le retire ! … Non pas je me glisse dans mon gilet jaune citron mais… je l’ôte ! Etc., jusqu’à ce que ce loup-là se retrouve en tenue légère, le poil à l’air et tout détendu, large sourire, prêt à… se mettre au lit, OUF ! Car si

« Tout le monde a très peur d’Igor… »

« Tout le monde adore quand il dort »

« Chut », rétorque Igor… « je dors ». Il n’en faut pas plus pour que tous les personnages des fables et contes traditionnels d’ordinaires victimes du loup ne partent danser la samba et faire résonner leur joie… dans les bois ! « Vite ! Promenons-nous dans les bois…. Pendant qu’Igor n’y est pas ! »

Haute en couleurs et riche en dessins expressifs, voici une revisite au top de notre folklore dont messire le loup est le funeste héros : ici, ce seigneur-là se met comme tout le monde en pyjama et a besoin de faire… dodo ! Et quand le loup n’est pas là, ma foi… les souris et tutti quanti respirent et dansent… De quoi dédramatiser la bête, qu’elle dorme… ou non !

Psssst : pour découvrir d’autres albums qui parlent aux tout-petits de la notion de peur, rendez-vous ici, avec mention spéciale à Moi j’ai peur du loup, d’Emilie Vast, qui franchit une étape de plus en ce que le loup n’est pas seulement déshabillé mais déconstruit de la tête aux pieds ! Voilà la peur démontée : y a plus rien à craindre, circulez !

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Petit homme, petit lapin

Les éditions MeMo publient deux beaux livres de Malika Doray (c’est un peu tautologique), Le petit homme et la mer et Lapin mon lapin :

Le petit homme et la mer

Mon premier est un conte initiatique, empli de poésie, qui met en scène un petit homme (jeune ou vieux, M. Hemingway le titre du livre de Malika Doray ne le précise pas).

C’est l’histoire, donc, d’un petit homme, aux allures de lutin ; un petit homme doté d’une grande ambition, qui se lance dans une aventure à la mesure de son projet : il part sur la grande mer du Nord pour pêcher le plus gros poisson du monde.

Quand je l’aurai attrapé, dit le petit homme, je rentrerai et tout le monde m’admirera. Et à tous ceux qui ne m’admireront pas, j’offrirai une des écailles du plus gros poisson du monde. Comme ça ils m’aimeront.

C’est un petit homme qui se lance un défi pour obtenir une récompense, c’est un petit homme qui se cherche, et que va-t-il trouver pendant son expédition ? Une libellule… pour appâter le poisson… puis LE poisson, car voici que le plus gros poisson du monde mord à l’hameçon.

– Ouiiiii, jubile le petit homme, j’ai attrapé le plus gros poisson du monde !

– Oh, oh, se dit le gros poisson, on dirait que j’ai pris un tout petit homme.

Ah… en fait, ce n’est pas que l’histoire d’un petit homme. C’est aussi l’histoire d’un gros poisson, qui cultive son propre projet à l’égard de ce petit homme là… : « le mettre sous une cloche en verre avec un paille pour qu’il respire et on le regarder gigoter » aie aie aie ! Il soumet son idée à ses parents (plus petits que lui, hihi), qui heureusement, lui remettent les points sur les i :

Grand Dieu ! A ton âge ! Tu n’as pas honte d’embêter plus petit que toi ? Allez, ramène le vite chez lui.

Le trajet retour des deux compagnons est le moment de la résolution du conflit, où le petit homme console le gros poisson, et réciproquement, où le dialogue émerge et s’instaure, et où les deux êtres rient et deviennent amis, jusqu’à savoir comment faire don d’un peu de soi à l’autre, qu’on a croisé sur son chemin et appris à connaître. Les deux protagonistes sortent grandis et changés de cette épopée ; ils y ont trouvé l’amitié. Les illustrations, sobres en couleurs, s’amusent à jouer de ce qui se passe à la surface de l’eau et sous l’eau, par un jeu de bordures en formes de vagues, faisant se rencontrer ces deux mondes, l’espace d’un instant… magique… inscrit dans le temps.

Lapin mon lapin

Mon second est un discours fait livre : c’est une maman lapin qui parle à son bébé lapin tout en le berçant (le bébé lapin est lui-même petit, comme le petit homme, et il sortira grandi, comme le petit homme, de cette conversation avec sa maman)… « lapin mon lapin », lui dit-elle…

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand le soleil se couche, pour toi il est l’heure de dormir, même si d’autres animaux vivent la nuit ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle à l’occasion de déjeuner, « tu as deux mains et une cuillère », quand d’autres ont un bec ou une trompe… tu n’as donc aucune raison de mettre tout par terre ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire seule, nous ne sommes pas inséparables, mais deux êtres différents, nous pouvons donc nous séparer… pour ensuite nous retrouver ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire seule, nous ne sommes pas inséparables, mais deux êtres différents, nous pouvons donc nous séparer… pour ensuite nous retrouver ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire tout court, les poulpes ont huit bras, les mille pattes ont mille mains, mais maman lapin n’en a que deux et ne peut pas tout faire à la fois ; petit lapin a deux mains aussi et « il faut tout faire un par un : jouer, se promener… ».

Un joli album qui dit aux tout-petits les joies de l’autonomie… et le regard bienveillant du parent.

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Pssst : pour découvrir d’autres livres de Malika Doray dans la BBthèque, c’est par ici !