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La BBthèque chez soi… l’humain derrière les bouquins

Depuis trois semaines, nous sommes tous et chacun confinés dans nos intérieurs, avec des ressources matérielles propres, les livres par exemple, et une autre fenêtre d’ouverture, via le web, pour celles et ceux qui bénéficient de l’équipement adéquat, le numérique constituant ainsi une porte de sortie dans laquelle peu ou prou beaucoup se réfugient. Aujourd’hui dans la BBthèque, je trouve important de replacer l’humain derrière le web et derrière les bouquins. Même si nos échanges n’ont pas lieu au jour d’aujourd’hui sous leurs formes habituelles, ce sont les relations et réalisations humaines qui fondent en grande partie nos vies… à commencer par le petit grand bout qui nous intéresse ici dans la BBthèque : la très riche littérature pour les tout-petits ! Etes-vous prêts à découvrir plus avant, pour commencer, la source de cette littérature : les auteurs des livres pour les tout-petits ?
Dès la page de couverture du livre, cher bébé lecteur, tu peux voir le titre du livre, mais aussi le nom de son, ou de ses, auteur(s), ceux qui sont à l’origine de l’histoire que tu lis. Tes parents peuvent te lire le(s) nom(s) de cet, de ces auteur(s) à haute voix, comme le titre du livre, ainsi peu à peu tu apprendras que ce livre-ci que tu apprécies, il est né de l’imagination et du talent de cet auteur-là. L’auteur, l’autrice peut être celle ou celui qui écrit le texte du livre et/ou celle ou celui qui l’illustre.
Sais-tu que les auteurs ont un visage, un corps, une voix, et même leur propre histoire… comme toi ? Tes parents peuvent te montrer une photographie ou (un autoportrait dessiné, parfois les illustrateurs aiment se présenter à leurs publics ainsi !) de l’auteur de ton ou tes livres favoris, afin que tu puissent un visage sur ces noms… et plus si affinités. On trouve en effet souvent les photos et des éléments de biographie des auteurs sur les sites web des éditeurs (par exemple celles et ceux édités par MeMo, par Les Grandes Personnes, par l’Ecole des loisirs, par Hélium, etc.) ou sur des bibliothèques en ligne participatives comme Babelio. Je vous présente ainsi Kenji Abe, l’auteur de la série des Trois Gibbons (chroniquée ici), Claire Dé (dont les ouvrages sont chroniqués ici) et Claire Garralon (dont les ouvrages sont chroniqués là) :

Le saviez-vous ? Les auteurs créent souvent leur propre site internet sur lesquels ils partagent leur univers : quelques mots sur eux, leurs activités d’auteurs, leurs nouveaux livres, etc. Et, comme sur ces sites les auteurs partagent leurs coordonnées mail notamment, il est possible de leur écrire un mot si vous souhaitez partager avec eux, par l’entremise de vos parents, vos émotions à la lecture de leurs livres !

Invitons, au-delà, tes parents à se plonger dans ces quelques entretiens et portraits d’auteurs-illustrateurs pour les très jeunes enfants, dont un certain nombre de livres ont été chroniqués dans la BBthèque : Jeanne Ashbé, Mathieu Maudet, Malika Doray, Isabelle Simler, Anthony Browne…

Certains auteurs proposent, pour les uns des leçons de dessins en vidéo, pour les autres des lectures de leurs propres textes ! Ce qui est chouette avec les leçons de dessins (entre autres choses) c’est que ça nous permet aussi de voir comment le dessinateur dessine, comment le dessin prend forme, à l’exemple d’Akiko ci-dessous. Ce qui est chouette avec les lectures d’auteurs, c’est de pouvoir entendre et percevoir ce que les auteurs mettent dans leurs mots… et le cas échéant de comprendre en un clin d’œil les différents niveaux de lecture d’un album, comme c’est le cas dans les deux variantes de lectures filmées par Michaël Escoffier ! Et on finit ce parcours vidéo avec la formidable lecture théâtralisée de La chasse à l’ours par une autre Michael, Rosen cette fois, et en langue anglaise s’il-vous-plaît : écouter la mélodie derrière le phrasé, reproduire la gestuelle pour donner corps aux rituels :

Sais-tu enfin que les auteurs et illustrateurs sont friands de rencontres avec leurs jeunes publics ? Pour les voir « en vrai » et discuter avec eux, il t’est possible de te rendre avec tes parents par exemple à des dédicaces en librairies ou lors de salons jeunesse (tu connais le salon de Montreuil du livre jeunesse qui se tient tous les ans ?) ; les structures d’accueil des enfants (crèches, écoles, centres de loisirs, etc.) et établissements culturels (bibliothèques, médiathèques, théâtres, etc.) organisent aussi régulièrement des temps de rencontres entre auteurs jeunesse et jeunes lecteurs, parfois même ces structures organisent des résidences d’écrivains qui sont l’occasion de construire, auteurs et lecteurs, main dans la main, de nouveaux et souvent très beaux ouvrages. Par exemple, la collection Bon pour les bébés, au Seuil jeunesse, est née ainsi (souvenez-vous… on en parlait ici) ; l’extraordinaire album d’éveil musical électro Tipi Tipi Ta publié chez Benjamins Media… aussi (souvenez-vous… on en parlait ). Que de pistes à explorer lorsque le confinement sera levé : aller rencontrer ces personnes qui ont écrit les livres que tu as lus et que tu liras demain !

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2 comptines, 1 poule, 1 canard

Dans la BBthèque cette semaine, voici deux comptines volatiles, revisitées avec brio par deux grands auteurs-illustrateurs jeunesse pour le plaisir des yeux et des oreilles des tout-petits :

« Une poule sur un mur … »

par Thierry Dedieu

Un nouveau titre signé Dedieu dans l’excellente collection Bon pour les bébés au Seuil jeunesse, c’est toujours une bonne nouvelle — pour mémoire, cette collection combine notamment un grand format pour tout-petit lecteur et des illustrations noir et blanc exclusivement.

Retour aux fondamentaux avec cette comptine si triviale et musicale à la fois, tellement universelle qu’elle fait systématiquement le bonheur des très jeunes enfants, et ce tout particulièrement quand les paroles de la comptine sont servies par des illustrations aussi expressives, mention spéciale à la poule dont le bébé lecteur épouse les mouvements de tête, les mouvements de cou, les mouvements de bec, pour, avec un large sourire, picoti… picota, picoter sa nourriture, le pain dur, lever la queue puis lever le camp !

« Un petit canard au bord de l’eau … »

par Jeanne Ashbé

Publié dans la collection Pastel des éditions de l’Ecole des loisirs, le nouvel album de Jeanne Ashbé exprime dès la couverture sa substantifique moelle : une coquille d’oeuf (dont le bébé lecteur appréciera le volume du bout des doigts) en train de se fêler car il est l’heure pour un caneton de voir le jour… ou comment naître au monde, mais aussi grandir — faire ses premiers pas, connaître son premier envol, sous le regard protecteur et bienveillant d’une maman.

Bon…, s’intitule cet album de naissance : comme une maman dirait, murmurerait, scanderait, chantonnerait, commenterait chaque petit ou grand événement par autant de « bon… », « bon bon bon »…, « bon… jour, toi », « bon… zour », jolie répétition de sonorités pour les bébés, et au-delà, jeux et choix de mots qui disent tout l’amour que le parent porte à l’enfant et qui nourrit la confiance de celui-ci envers le monde qu’il découvre, sécurité affective te voici te voilà.

Place ensuite… à une musique un peu plus complexe, une comptine, revisitée, qui correspond à un deuxième temps : le caneton va devenir canard, car voici qu’au bord de la mare la comptine narre l’autonomisation progressive de ce petit être en devenir. « Un petit canard au bord de l’eau… il est si beau… il est si beau… » (se mirer dans l’eau, prendre conscience de soi : je suis un être à part entière à présent), « un petit canard au bord de l’eau… il est si beau qu’il tombe dans l’eau… Plouf ! » « Bon… bon… booon »… commente la mère cane, large sourire au bec, de voir le jeune canard ressortir la tête de l’eau après ce plongeon involontaire et premier, l’air de dire l’air de dire, tu es tombé, ce n’est pas grave, tu t’es relevé maintenant, c’est en faisant qu’on apprend, bref, bon… voilà qui est fait… alors… on passe à une nouvelle étape : le petit canard, mais aussi ses comparses (si ce n’est toi c’est donc ta sœur… ou ton frère), barbotent ainsi, ensuite, derrière leur mère, avant de s’envoler ensemble dans les airs !

« Bon voyage, petit canard ! » dit le mot de la fin, montrant notre petit canard sans frère, sans sœur, sans maman, mais volant comme un grand… en souriant.

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Tout barbouillé !

« Barbouilli, gribouilli. Faire de la peinture, j’adooooore !

Et pssssscht… Se laver les mains quand c’est fini, j’adore aussi ! »

Ainsi s’ouvre l’album Tout barbouillé ! écrit et illustré par Jeanne Ashbé :

tout barbouillé jeanne asbhé

Au menu de ce livre au papier épais, des mini-situations où un bébé de plus d’un an explore le monde à sa façon… résultat : des images et des mots tendres pour dialoguer avec l’enfant et lui dire combien il se barbouille régulièrement — …normal… —, et qu’après le barbouillage, vient toujours le nettoyage ! Pour mener à bien cette démonstration, que dis-je, argumentation, à l’attention des tout petits, Jeanne Ashbé a construit son album ainsi : une double-page, illustration d’un côté, texte de l’autre, décrit une aventure… et la double-page suivante, texte d’un côté, illustration de l’autre, en dépeint la suite logique !

Toutes les aventures y passent, accompagnées d’onomatopées gaies : le dessin, la marche, la plage, le caca, le repas, et même le goûter avec la glace au chocolat (miam, miam, miam)… Et elles sont (presque) toutes suivies d’un moment d’apprentissage, en douceur et dans la bonne humeur, des gestes simples de propreté : après la peinture hop se laver les mains, s’essuyer le visage après avoir mangé, changer de couche quand la précédente est remplie, prendre un bain après s’être tâché, sans exclure, ouf, des moments de répit… 


the-light-bulb-363064_640Pour vous aider à trouver ce livre en librairie ou en bibliothèque municipale, en voici les références complètes :

Tout barbouillé ! [Texte imprimé] / texte et ill. de Jeanne Ashbé. – [Bruxelles] : Pastel ; Paris : l’École des loisirs, 1998 (impr. en Italie). – Non paginé [24] p. : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 18 x 21 cm. – (Histoires de bébé.).
ISBN 2-211-04757-9 : 8,7 €.