0

Portrait vivant d’une auteure & illustratrice : Isabelle Simler

La BBthèque a la grande joie aujourd’hui de vous présenter un nouveau portrait vivant d’une auteure illustratrice, au travers d’un entretien exclusif avec… Isabelle Simler !

Isabelle Simler


L’auteure et l’illustratrice de Doux rêveurs, D’après nature, Heure bleue, Plume et de bien d’autres livres se prête ainsi à l’exercice du portrait vivant en nous proposant ses réponses à ces quelques questions :
*

Qui suis-je ?

Je m’appelle Isabelle Simler, je suis auteure et illustratrice. 
Je passe la plupart de mon temps à observer, dessiner, chercher des idées, trouver les mots qui résonnent avec mes illustrations, imaginer des livres.
*

Comment et pourquoi j’ai choisi de faire ce métier ?

Je suis illustratrice depuis très longtemps mais je n’ai pas toujours fait des livres. Avant cela, je faisais des dessins pour la presse, des images pour la publicité et des dessins animés pour la télévision.
En 2011, j’ai publié mon premier album Plume et rencontré mon éditeur, Jean Poderos aux Editions courtes et longues. Une rencontre déterminante et le début d’une belle aventure. Depuis je ne fais plus que des livres.
J’ai choisi ce métier car j’avais envie de mener mes projets en toute liberté, c’est aussi pour cette raison que je suis auteure et illustratrice de mes albums. Ainsi je peux suivre les envies et lubies qui me passent par la tête, creuser les sujets qui m’intéressent et naviguer à un rythme qui est le mien. Comme pour beaucoup d’illustrateurs, le dessin est venu tôt et m’a toujours accompagné. Assez vite, j’ai eu le sentiment qu’il m’était précieux, comme un écart, une alcôve, un moyen de se singulariser.

*

Comment je travaille pour écrire un livre ? 

Le point de départ de mon travail est la plupart du temps l’observation. Si l’on se penche sur n’importe quel objet vivant, même commun et qu’on le regarde avec attention, il recèle un trésor de curiosités. Et ce qu’il nous révèle devient une matière fascinante à interpréter. Le dessin est pour moi un prétexte à observer les choses de plus près. J’ai besoin de me documenter, d’observer dans le détail, de fouiller pour mieux comprendre. Et de cette part documentaire va naître la narration, la fiction.
Ce qui m’intéresse, c’est la liberté d’interprétation, le point de vue, plus sensible que didactique. J’aime l’idée que la réalité et l’imaginaire soient perméables l’un à l’autre et que l’imaginaire se nourrit de détails scientifiques. Ce mouvement de bascule entre l’observation et la rêverie est au cœur de mon travail.
Dans les grandes lignes, les étapes de création d’un album sont : 
  • Des dessins et croquis de recherche aux crayons de couleurs
  • Une documentation fouillée sur le sujet
  • La réalisation du « chemin de fer », c’est à dire le déroulé du livre dessiné en petit sur une grande feuille
  • La création des illustrations, sur une tablette graphique la plupart du temps.

Le travail sur le texte est mêlé à celui des images, suivant les albums, il peut se faire en amont, en parallèle ou à la fin.

*

Comment j’imagine mes jeunes lecteurs quand j’écris ?

Je ne crois pas que j’imagine un lecteur au moment ou je fais un livre mais si c’était le cas, je ne suis pas sûre qu’il serait jeune, je l’imaginerais plutôt sans âge.
*

Est-ce qu’il m’arrive de discuter avec les enfants autour de mes livres ?

Oui très souvent, lors des rencontres scolaires ou des ateliers. Le regard que les enfants portent sur mes albums est très précieux et leurs remarques sont souvent pertinentes et surprenantes. Ce retour direct et spontané sur mon travail est très stimulant, il me donne l’énergie et l’envie de poursuivre. 

Un vif merci à Isabelle Simler pour sa disponibilité et cet éclairage sur son univers !

La BBthèque invite toutes et tous à plonger dans les albums riches et sensibles d’Isabelle Simler, qui constituent autant de voyages précieux et merveilleux dans la nature si diverse et variée :

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Vous retrouverez notamment à ces liens les beaux livres suivants d’Isabelle chroniqués dans la BBthèque :
0

La BBthèque chez soi… l’humain derrière les bouquins

Depuis trois semaines, nous sommes tous et chacun confinés dans nos intérieurs, avec des ressources matérielles propres, les livres par exemple, et une autre fenêtre d’ouverture, via le web, pour celles et ceux qui bénéficient de l’équipement adéquat, le numérique constituant ainsi une porte de sortie dans laquelle peu ou prou beaucoup se réfugient. Aujourd’hui dans la BBthèque, je trouve important de replacer l’humain derrière le web et derrière les bouquins. Même si nos échanges n’ont pas lieu au jour d’aujourd’hui sous leurs formes habituelles, ce sont les relations et réalisations humaines qui fondent en grande partie nos vies… à commencer par le petit grand bout qui nous intéresse ici dans la BBthèque : la très riche littérature pour les tout-petits ! Etes-vous prêts à découvrir plus avant, pour commencer, la source de cette littérature : les auteurs des livres pour les tout-petits ?
Dès la page de couverture du livre, cher bébé lecteur, tu peux voir le titre du livre, mais aussi le nom de son, ou de ses, auteur(s), ceux qui sont à l’origine de l’histoire que tu lis. Tes parents peuvent te lire le(s) nom(s) de cet, de ces auteur(s) à haute voix, comme le titre du livre, ainsi peu à peu tu apprendras que ce livre-ci que tu apprécies, il est né de l’imagination et du talent de cet auteur-là. L’auteur, l’autrice peut être celle ou celui qui écrit le texte du livre et/ou celle ou celui qui l’illustre.
Sais-tu que les auteurs ont un visage, un corps, une voix, et même leur propre histoire… comme toi ? Tes parents peuvent te montrer une photographie ou (un autoportrait dessiné, parfois les illustrateurs aiment se présenter à leurs publics ainsi !) de l’auteur de ton ou tes livres favoris, afin que tu puissent un visage sur ces noms… et plus si affinités. On trouve en effet souvent les photos et des éléments de biographie des auteurs sur les sites web des éditeurs (par exemple celles et ceux édités par MeMo, par Les Grandes Personnes, par l’Ecole des loisirs, par Hélium, etc.) ou sur des bibliothèques en ligne participatives comme Babelio. Je vous présente ainsi Kenji Abe, l’auteur de la série des Trois Gibbons (chroniquée ici), Claire Dé (dont les ouvrages sont chroniqués ici) et Claire Garralon (dont les ouvrages sont chroniqués là) :

Le saviez-vous ? Les auteurs créent souvent leur propre site internet sur lesquels ils partagent leur univers : quelques mots sur eux, leurs activités d’auteurs, leurs nouveaux livres, etc. Et, comme sur ces sites les auteurs partagent leurs coordonnées mail notamment, il est possible de leur écrire un mot si vous souhaitez partager avec eux, par l’entremise de vos parents, vos émotions à la lecture de leurs livres !

Invitons, au-delà, tes parents à se plonger dans ces quelques entretiens et portraits d’auteurs-illustrateurs pour les très jeunes enfants, dont un certain nombre de livres ont été chroniqués dans la BBthèque : Jeanne Ashbé, Mathieu Maudet, Malika Doray, Isabelle Simler, Anthony Browne…

Certains auteurs proposent, pour les uns des leçons de dessins en vidéo, pour les autres des lectures de leurs propres textes ! Ce qui est chouette avec les leçons de dessins (entre autres choses) c’est que ça nous permet aussi de voir comment le dessinateur dessine, comment le dessin prend forme, à l’exemple d’Akiko ci-dessous. Ce qui est chouette avec les lectures d’auteurs, c’est de pouvoir entendre et percevoir ce que les auteurs mettent dans leurs mots… et le cas échéant de comprendre en un clin d’œil les différents niveaux de lecture d’un album, comme c’est le cas dans les deux variantes de lectures filmées par Michaël Escoffier ! Et on finit ce parcours vidéo avec la formidable lecture théâtralisée de La chasse à l’ours par une autre Michael, Rosen cette fois, et en langue anglaise s’il-vous-plaît : écouter la mélodie derrière le phrasé, reproduire la gestuelle pour donner corps aux rituels :

Sais-tu enfin que les auteurs et illustrateurs sont friands de rencontres avec leurs jeunes publics ? Pour les voir « en vrai » et discuter avec eux, il t’est possible de te rendre avec tes parents par exemple à des dédicaces en librairies ou lors de salons jeunesse (tu connais le salon de Montreuil du livre jeunesse qui se tient tous les ans ?) ; les structures d’accueil des enfants (crèches, écoles, centres de loisirs, etc.) et établissements culturels (bibliothèques, médiathèques, théâtres, etc.) organisent aussi régulièrement des temps de rencontres entre auteurs jeunesse et jeunes lecteurs, parfois même ces structures organisent des résidences d’écrivains qui sont l’occasion de construire, auteurs et lecteurs, main dans la main, de nouveaux et souvent très beaux ouvrages. Par exemple, la collection Bon pour les bébés, au Seuil jeunesse, est née ainsi (souvenez-vous… on en parlait ici) ; l’extraordinaire album d’éveil musical électro Tipi Tipi Ta publié chez Benjamins Media… aussi (souvenez-vous… on en parlait ). Que de pistes à explorer lorsque le confinement sera levé : aller rencontrer ces personnes qui ont écrit les livres que tu as lus et que tu liras demain !

1

Découvrir la vie… d’après nature

A quelques jours des fêtes de fin d’année, la BBthèque a le plaisir de vous présenter deux très beaux livres à parcourir dès le plus jeune âge… et bien au-delà :

D’après nature

d’Isabelle Simler

Ce premier documentaire, adoptant le genre de l’abécédaire, se donne à lire en format paysage, comme autant de scènes, portraits d’êtres vivants dans leurs environnements, saisis sur le vifs par une dessinatrice de grand talent : Isabelle Simler, dont le magnifique Doux rêveurs a déjà été chroniqué ici dans la BBthèque.

Chaque lettre de l’alphabet est illustrée par a minima un animal ou un végétal. L’illustration, au crayon, semble issue d’un carnet de croquis de haute voltige, où l’illustratrice dessinerait, comme l’indique d’ailleurs le titre du livre, la faune et la flore d’après nature. Et ce avec un sens aigu du détail, une capacité formidable à représenter le mouvement et le temps, un art de la composition et une palette de couleurs extraordinaire.

Un trésor de livre, qui contribue grandement à l’éveil à la nature des petits et des grands. Quelques extraits de croquis d’Isabelle Simler à découvrir ici.

Les choses qui s’en vont

de Beatrice Alemagna

Si D’après nature met en scène le vivant dans l’espace, Les choses qui s’en vont parlent du temps et de son emprise sur le vivant.

Dans la vie, beaucoup de choses s’en vont.
Elles se transforment, elles passent.

Ce livre d’artiste, signé Beatrice Alemagna, dit, avec des mots, des illustrations, et des feuilles de papier calque dessinées incarnant quand on les tourne le cours de la vie, l’ensemble des métamorphoses qui constituent notre quotidien : l’envol d’un oiseau au loin l’instant après qu’il se soit posé sur sa main, le sommeil qui s’en va et s’en vient, les blessures qui font mal sur le moment puis qui passent parfois en laissant une légère trace, etc.

Tout, finalement, passe, s’éloigne ou change.
Mais une seule chose ne s’en va pas.
Et ne s’en ira jamais.

Dans un monde de changements, dans l’espace, dans le temps, il est des enfants, qui vont grandir, et il est des repères fondamentaux, permanents. Avez-vous deviné de quoi il s’agit ? L’amour, celui d’une maman pour son enfant, pardi !

Un beau livre d’artiste, empli de poésie, qui transmet aux tout-petits un message vrai et serein sur la vie.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Joyeuses fêtes livresques aux tout-petits et aux plus grands !

2

Doux rêves, doux rêveurs…

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter une véritable anthologie poétique des rêveurs pour les tout-petits… et pour toute la vie : un très très beau livre, signé Isabelle Simler aux Editions courtes et longues, dont voici déjà la très très belle couverture…

C’est un ouvrage grand format (28 x 25 cm) de 80 pages s-il-vous-plaît… et qui sent bon le papier. C’est un album qui explore et apprivoise le monde de la nuit pour les tout-petits : il dit, à travers le dessin, le noir mais aussi et surtout toutes les lumières qui l’habitent. C’est une histoire qui restitue la vie, de manière sensible et sensitive, aux tout-petits, la nature dont ils font biologiquement partie.

Isabelle Simler livre ainsi, de double-pages en double-pages, des portraits d’animaux endormis en gros plan, dans leurs environnements, avec des traits si fins, si précis, qu’on en perçoit le moindre détail, qu’on aimerait les toucher. Les mots ne sont pas en reste pour décrire ces temps de sommeil et de rêves si essentiels à l’éveil… Quelques extraits deci-delà, de beaux poèmes qui accompagnent chaque portrait de dormeur :

le paresseux rêve en hamac

la baleine à bosse rêve à la verticale

le rouge-gorge rêve en pelote

la chauve-souris rêve à l’envers

le hérisson rêve à l’abri

l’hirondelle rêve à tire d’aile […]

l’enfant rêve sous la lune

Ce livre magnifique, qui capte le regard et retient l’attention des lecteurs de tout âge à la minute où on s’en saisit, a bénéficié de l’aide à la création littéraire jeunesse du Conseil départemental du Val-de-Marne et est offert comme cadeau de naissance à tous les enfants nés dans ce département en 2018… Vous trouverez d’ailleurs quelques éléments complémentaires et éclairants dans cette vidéo, où Isabelle Simler, l’auteur et illustrateur/trice de Doux rêveurs, explique sa démarche :

Bon voyage dans les contrées du rêve, à la frontière du réel et de l’imaginaire !