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Ronde indienne

Arrêt sur images, un très très beau livre que je vous présente aujourd’hui :

La ronde 

de Louise-Marie Cumont

éditions MeMo

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Inspirée par l’art populaire des kanthas, broderies d’anciennes pièces de tissus réalisées par des femmes bengalis à Delhi en Inde, savoir-faire transmis de mère en fille, de génération en génération, et donc aussi vecteurs de transmission de récits & mythologies, Louise-Marie Cumont met en scène l’enfant convoquant des kanthas et les comptant pour s’endormir, comme par chez nous on compte les moutons.

1, un kantha : un escargot…

2, deux kanthas… + un moustique ?

3, trois kanthas… + un félin !

4, quatre kanthas… + un animal-à-trois-pattes-et-des-ailes…

5, cinq kanthas… + un éléphant !

… 6, 7, 8 et 9 kanthas !

L’enfant ouvre la main et la créature fantastique d’inspiration animale apparaît, puis rejoint le décor, constituant l’environnement immédiat de l’enfant créateur de contenus. Au fur et à mesure de ce peuplement, de sa main libre puis de ses dix doigts, l’enfant compte ces conceptions : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9… et change de position — précédemment assis, le voici désormais couché, sur le ventre puis sur le dos pour mieux observer cet univers mêlant rêve et réalité, pour enfin le chevaucher, une fois embarqué, vraisemblablement, dans les bras de Morphée !

Une comptine muette, rituel d’endormissement possible et souhaité de l’enfant. Un premier récit doublé d’un bestiaire réduits graphiquement à leur plus simple appareil pour un symbolisme très évocateur : l’enfant, ses kanthas, son énumération — tout est dit. Bonne nuit… et bonnes épousailles avec les mille et unes créatures de la nuit !

…Pour en savoir plus sur l’univers artistique de Louise-Marie Cumont : http://www.editions-memo.fr/Cumont

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Papaye et mamangue

« papaye, c’est mon papa »

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« mamangue, c’est ma maman »

Aujourd’hui, place au fruit exotique, place au livre poétique pour illustrer, de façon étonnante, de façon émouvante, ce qu’est un papa, ce qu’est une maman.

Un livre-objet signé Lydia Gaudin Chakrabarty qui est allée séjourner en Inde, et a su y prendre au mot une expression de son propre fils, qui la surnommait mamangue, ma mangue. L’idée fait son chemin dans la tête de l’artiste… qui créé un album double tout cartonné, à feuilleter dans un sens et dans l’autre : d’un côté la révélation d’une paternité, avec l’image de papaye, fruit de prime abord, dévoilant au fil des pages un semeur de graines devenant père ; de l’autre côté, l’histoire d’une maternité, épousant les formes arrondies de la mangue, avant d’accoucher d’un petit être et de reprendre peu à peu sa fine silhouette… Et au milieu du livre, le fruit de leurs amours, pardi ! L’album se lit en silence, comme on goûte à un fruit inconnu, jusqu’à ces mots de tendresse qui disent le parent, du point de vue de l’enfant. Car c’est en enfantant que naissent aussi des parents…


the-light-bulb-363064_640Pour vous aider à trouver ce livre en librairie ou en bibliothèque municipale, en voici les références complètes :

Papaye [Texte imprimé] ; Mamangue / Lydia Gaudin-Chakrabarty. – [Paris] : [Chandeigne], [2012] (impr. à Singapour). – 1 vol. (non paginé [18] p.) : ill., couv. ill. ; 18 cm. – (Le tamanoir).
ISBN 978-2-915540-93-2 (rel.) : 9,90 EUR.