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Portrait vivant d’une autrice-illustratrice : Lucie Félix

Surprise : la BBthèque vous propose aujourd’hui de découvrir un nouveau portrait vivant d’une autrice illustratrice ! Lumière aujourd’hui sur :

Lucie Félix

Lucie Félix - portrait vivant - BBthèque


Lucie Félix s’est prêtée au jeu du portrait vivant en nous livrant ses réponses à ces quelques questions :

Qui suis-je ?

Une petite fille qui a bien grandi et beaucoup changé, mais qui a toujours aimé lire et dessiner, et toujours aimé jouer !

Comment et pourquoi j’ai choisi de faire ce métier ?

Petite, je voulais être paléontologue, ou dessinatrice. En grandissant, j’ai un peu oublié, tant ces métiers me semblaient inaccessibles ! Puis finalement, j’ai passé un master de paléontologie, avant de faire une école d’art, de rencontrer mon éditrice aux Grandes personnes, et de sortir mon premier livre Deux yeux ?

DEUX-YEUX_Lucie Félix

Ensuite, je me suis mise à rencontrer mes lecteurs, dans des écoles ou des bibliothèques, et cela m’a reconnectée avec ma “petite fille intérieure”. J’ai été très touchée par la vulnérabilité, l’exigence, mais aussi la force de l’Enfance. Les enfants sont un lectorat exceptionnel : ils sont spontanés, exigeants, curieux, joueurs… comment rêver mieux ?

Comment je travaille pour écrire un livre ?

Je fais beaucoup d’observation des habitudes de lecture des enfants : comment interagissent-ils avec le livre, où, dans quelles circonstances… Cela se passe lors d’ateliers, de rencontres scolaires, ou avec mes propres enfants. Je conçois aussi des ateliers artistiques, plastiques, ou d’expression, et ces moments me permettent aussi d’observer les enfants, de mieux comprendre comment ils fonctionnent, quelles sont leurs besoins.

J’ai ainsi pris conscience de choses toutes bêtes mais qu’il m’a fallu réapprendre. Par exemple, le fait qu’un livre est en grande partie un lien entre un enfant et la personne qui lui fait la lecture, donc qu’il y a beaucoup d’affectif qui passe dans ces moments de lecture. Aussi, le fait que l’exploration du monde passe beaucoup par le corps, la manipulation chez les tout-petits. Typiquement, Coucou est un livre fenêtre entre deux personnes, fait pour mettre en valeur les échanges, et aussi un dispositif fait pour créer des espaces de narration dans lesquelles le bébé est amené à bouger. Prendre et Donner est basé sur l’idée que l’enfant donne sens aux mots par son geste. Dans La promenade de Petit Bonhomme et Hariki, l’enfant joue ou fait bouger le petit personnage, ce qui lui facilite la compréhension du récit…

Bien sûr, à l’origine de chaque livre, il y a aussi comme une sorte de vision plastique, un objet que je rêve, surtout des impressions liées à la matière et aux couleurs, auxquelles j’essaie de donner corps, en m’appuyant sur mes idées de manipulations venant de mes observations…

Comment j’imagine mes jeunes lecteurs quand j’écris ?

Je les imagine heureux, avec un joli sourire, dans leur lit avec un parent qui prend bien soin d’eux, ou à l’école avec leur copains, assis en tailleur, ou se roulant sur les tapis accueillants d’une bibliothèque… Les enfants peuvent se montrer très créatifs quand il s’agit de trouver des endroits pour lire ! Tout y passe, sous la table de la cuisine, dans une cabane sous des couvertures, au parc, dans les escaliers, aux toilettes, sous le lit des parents…

Est-ce qu’il m’arrive de discuter avec les enfants autour de mes livres ?

J’écoute ce que disent les enfants spontanément dans les ateliers, je les observe beaucoup. Comme je le disais précédemment, ces moments sont très importants. Les livres peuvent servir de point de départ à des conversations, mais en fait c’est plutôt l’inverse !


Un énorme merci à Lucie Félix d’avoir répondu à l’appel du portrait vivant ce mois de juillet ! La BBthèque vous recommande chaudement de lire en jouant et de jouer en lisant les géniaux livres-objets de Lucie Félix publiés aux éditions Les Grandes Personnes, parmi lesquels ceux-ci chroniqués ici-même :

 

 

Et d’accompagner ces lectures d’une visite du  site internet ludique de Lucie Félix  !Site internet Lucie Félix

 

 

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Portrait vivant d’une autrice-illustratrice : Elis Wilk

La BBthèque vous propose aujourd’hui de découvrir un nouveau portrait vivant d’une autrice illustratrice ! Aujourd’hui, c’est Elis Wilk qui se livre à nous :

Elis Wilk

Elis Wilk photo 2 - portrait vivant - BBthèque


Pour ce portrait vivant, Elis Wilk a accepté de répondre à ces quelques questions :

Qui suis-je ?

Je suis une femme, une artiste et une jeune maman de 40 ans. J’aime danser, réfléchir, rire, lire, dessiner, discuter avec mes amis pendant des heures, la nature et aussi m’amuser en général. 

Comment et pourquoi j’ai choisi de faire ce métier ?

J’ai toujours aimé lire depuis toute petite. On avait beaucoup d’albums et d’autres livres à la maison et quand j’ai su lire, j’ai dévoré les bandes dessinées et les romans que je trouvais chez moi, chez les amis de mes parents, à la bibliothèque ou ailleurs. 

Au début j’ai fait des études plutôt classiques (scientifiques puis sciences po) qui n’avaient rien à voir avec l’illustration et les livres et je me suis pas mal ennuyée. Je n’étais pas à ma place. 

Mais je ne savais pas que l’on pouvait étudier l’art et que, moi aussi, je pouvais un jour devenir artiste. Après mes études, j’ai travaillé dans un théâtre dans l’éducation artistique. J’ai rencontré beaucoup de gens et vu beaucoup de spectacles avant de partir en Italie et de tout lâcher pour me convertir à l’illustration. J’avais 30 ans, je n’étais plus toute jeune et ce n’était pas simple. Mais j’étais tellement curieuse et passionnée que j’ai réussi à m’améliorer, à apprendre puis à prendre confiance et à devenir enfin une vraie artiste. 

Le livre c’est l’endroit où j’ai trouvé un équilibre entre le dessin, l’histoire et le mystère et aussi la rencontre avec les lecteurs. Je ne voulais pas faire de l’art qui soit juste dans les galeries ou les musées. 

J’aime le fait que les livres soient accessibles et puissent se retrouver chez tout le monde, petits et grands.  

Comment je travaille pour écrire un livre ?

Quand je crée un livre, je me mets à ma table devant une feuille blanche. J’écris les idées qui me viennent pour ne pas les oublier. Souvent les idées s’inspirent du réel et des thèmes que j’aime ou qui me parlent au moment de créer le livre : les inuits pour Dans mon ours, l’amour pour Le loup et la poulette, la relation mère & fils pour Maman?!, la nature et la peur des bruits que vivait mon fils de 3 ans pour L’appel de la lune, la relation entre un enfant et son petit chat pour Que fais-tu petit chat ?, la fragilité de la vie et la poésie du quotidien pour mon prochain album Je suis, etc. 

En général j’écris beaucoup et je ne garde pas tout. Il y a plusieurs histoires possibles, comme des chemins qui bifurquent puis on en choisit un que l’on suit : on développe ainsi une idée et si on voit qu’elle peut tenir sur l’ensemble d’un livre on s’y accroche et on y mêle parfois les idées trouvées dans les autres morceaux d’histoires. C’est un mélange de choses qui prend du temps, comme une ballade où l’on ne peut pas prévoir le paysage suivant, montagne ou forêt à venir, mais on reste confiant, on avance et quand on les aperçoit, on les découvre sereinement, parfois avec surprise et alors on sait qu’on est heureux d’être là. Ensuite, une fois le texte créé, je commence à réfléchir à la technique que j’utiliserai, ceci en dessinant. Je change souvent de technique d’un livre à l’autre. Je fais des essais, pas toujours heureux mais, là encore, j’essaie d’avancer tranquillement dans l’inconnu.

Quand j’ai trouvé la technique adaptée à l’histoire et au livre que je veux faire alors je fais un story-board (petits rectangles – les pages- et dessins rapides au crayon) pour trouver des idées de composition, de rythme etc. et, enfin, je crée chaque illustration qui, là encore, évoluent pas mal avant d’être finalisées. 

Comment j’imagine mes jeunes lecteurs quand j’écris ?

Je ne les imagine pas vraiment. Disons que j’essaie de m’amuser, de me surprendre – on est son premier lecteur – et que le fait d’avoir un enfant m’aide à mieux comprendre les choses qui font vibrer le petit lecteur.

Un livre c’est comme une maison, il faut une solide base et des pièces bien pensées. Ensuite on affine, on décore et on rend cette maison originale et accueillante. 

Est-ce qu’il m’arrive de discuter avec les enfants autour de mes livres ?

Oui je rencontre beaucoup d’enfants. J’adore expliquer comment je travaille, le étapes, les questionnements, etc. Mais ce que j’aime le plus c’est quand les enfants ou les adultes créent à leur tour. 

Je propose souvent des ateliers de création de mini-livres et là c’est génial, après avoir expliqué comment je crée un album, chacun rentre totalement dans la création et construit son propre livre avec passion et originalité quel que soit son âge. 

A chaque fois c’est beau et surprenant cette diversité et cette capacité que les gens ont à créer eux aussi. Petits et grands se connectent à leur créativité, cette part d’enfance inventive, libre et brute qui existe en chacun et là c’est gagné…


Allez, une dernière photo d’Elis Wilk ? La revoici, prenant un bol d’air en dehors de son atelier :

Elis Wilk photo 4 - portrait vivant - BBthèque

Un grand merci à Elis Wilk pour sa participation à l’aventure du portrait vivant. La BBthèque vous invite à vous plonger dans son œuvre qui donne la part belle à l’imagination et la création, le tout avec amour et humour ! Pourquoi ne pas commencer par ses deux livres chroniqués par la BBthèque ? Les voici les voilà :

 

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Portrait vivant d’une autrice-illustratrice : Julia Chausson

La BBthèque vous propose aujourd’hui de découvrir un nouveau portrait vivant d’une autrice illustratrice ! Lumière aujourd’hui sur :

Julia Chausson

photo - Julia Chausson - portrait vivant BBthèque


Pour ce portrait vivant, Julia Chausson a accepté de répondre à ces quelques questions :

Qui suis-je ?

Je suis autrice-illustratrice et graveure. Je créé des livres. Il m’arrive aussi de concevoir des jeux pour les tout-petits et de mettre en scène des spectacles jeunesse avec la Compagnie La Sensible.

Comment et pourquoi j’ai choisi de faire ce métier ?

Vers 10 ans, j’ai été éblouie par les maquettes d’Alexandre Trauner, grand décorateur de cinéma. J’avais trouvé ma voie !

Plus tard, j’ai suivi des études de scénographie à l’école des Arts décoratifs de Paris, où je me suis régalée. En sortant de l’école, j’ai découvert que le travail collectif ne correspondait pas tout à fait à mon tempérament. J’avais besoin de faire tourner mon petit moteur personnel, sans trop de contraintes extérieures.

Très vite, le livre m’est apparu comme un cousin germain du théâtre, mêlant texte et image. Il est comme un spectacle de poche ; la couverture c’est l’affiche. Ouvrir un livre, c’est un rideau qui s’écarte. Puis la narration se déploie dans un temps défini, page après page. Le spectacle s’achève enfin avec la tourne de la 4ème de couverture. Le livre, c’est un espace de création très libre.

Le « spectacle » peut prendre toutes sortes de formes. Il peut être statique, dynamique, ambigu, absurde, agile… Le dialogue entre le texte et l’image est un point d’articulation, auquel il faut être attentif. Car c’est dans les zones d’ombre que se joue l’essentiel.

Ce qui me plait aussi, c’est la légèreté dans la création. Tout est possible avec peu de moyens : une feuille de papier, quelques crayons, des mots…

Comment je travaille pour écrire un livre ?

La conception d’un livre est assez longue. Les premières idées sont souvent banales, mais je les dessine car elles me permettent d’avancer. Très vite elles sont ensevelies sous de nouvelles idées. Dans ces moments de recherche, j’ai besoin de me nourrir. Littérature, peinture, images… Je regarde tout. Cela va entrer en collision avec ma recherche, faire rebondir le projet dans de nouvelles directions.

C’est comme des strates qu’il faut creuser. J’ai toujours l’impression que si je me contentais des premières idées, je resterais à la surface. J’ai besoin de temps pour chaque livre. Après le temps de la recherche et des croquis, il y a un temps « d’infusion » pendant lequel je me consacre à un autre projet. Y revenir avec un œil neuf est très efficace !

Du coup, j’ai toujours quantité de livres sur le feu. Certains même mijotent pendant des années !

Comment est née la collection de comptines « les petits chaussons » ?

La collection « Les petits chaussons » est née grâce à un livre d’artiste intitulé « Noire du berry », où on voyait une poule noire disparaître sous la neige. Ces livres d’artistes, entièrement réalisés à l’atelier depuis la conception jusqu’à la reliure, n’ont d’autres contraintes que les miennes. Aussi, j’expérimente en toute liberté. Avec ce livre, j’explorais le principe du « bois perdu ». Il s’agit de créer plusieurs images avec une seule plaque de bois, qui est progressivement gravée et imprimée.

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En découvrant ce livre, que je ne destinais pas particulièrement aux enfants, Christine Beigel alors éditrice, m’a proposée de l’associer à la comptine « Une poule sur un mur » et de l’adapter (format, couleur, nombre de pages…). Enfin d’ajouter une « chute » amusante.

Anne Decroly photographie - petits chaussons - Julia Chausson

Chaque titre de la collection décline le principe d’une même image qui progresse par accumulation, suppression, disparition, déplacement, transformation… Principe qui découle de la technique de la gravure sur bois.

Nous avons fait quelques pas de côté, notamment avec le titre « dans la forêt lointaine », qui est un dialogue s’inscrivant dans l’espace du livre : les coucous sont en page de gauche, le hibou est à droite. Ils s’entendent mais ne se voient pas. Tandis que « la petite bête qui monte » est un déplacement vertical dans l’espace d’une grande image.

4 nouveaux titres, toujours aux éditions Rue de monde, sont en préparation pour le printemps 2021 !

Comment j’imagine mes jeunes lecteurs quand j’écris ?

Chaque enfant est différent et je ne peux pas les considérer comme une globalité. D’ailleurs, je crois que je travaille autant pour les adultes que pour les enfants. Je lisais beaucoup de livres à mes enfants quand ils étaient petits et j’appréciais quand leurs formes étaient assez ouvertes pour ne pas s’épuiser.

Est-ce qu’il m’arrive de discuter avec les enfants autour de mes livres ?

Je rencontre souvent les enfants dans leurs classes. Il m’arrive parfois de « tester » un livre en cours de fabrication avec eux !


La BBthèque remercie infiniment Julia Chausson d’avoir participé à cette aventure du portrait vivant, et vous invite, adultes et enfants, à vous plonger dans l’œuvre fine, belle, originale de Julie Chausson… Vous pouvez par exemple commencer par la collection Les petits chaussons, puis poursuivre avec les autres livres & livres d’artistes de Julia Chausson, ses gravures et images, mais aussi les jeux qu’elle conçoit et spectacles qu’elle met en scène ! La BBthèque vous donne rendez-vous pour découvrir plus avant l’ensemble de ces créations sur https://www.juliachausson.com

Site web Julia Chausson

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Portrait vivant d’une autrice-illustratrice : Emilie Vast

La BBthèque a le grand plaisir de vous proposer de découvrir un nouveau portrait vivant d’une autrice illustratrice, en vous présentant aujourd’hui plus avant… :

Emilie Vast

photo- Emilie Vast- crédit photo Romu Ducros

Emilie Vast – crédit photo : Romu Ducros


Pour ce portrait vivant, Emilie Vast a accepté de répondre à ces quelques questions :

Qui suis-je ?

Je suis Emilie Vast, autrice-illustratrice d’albums jeunesse, amoureuse de la nature et de la jolie ligne.

Comment et pourquoi j’ai choisi de faire ce métier ?

Je n’ai pas vraiment choisi ce métier. Il m’est arrivé dessus par une succession de beaux hasards.
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Certes je dessinais dans mon coin, mais je n’avais pas projeté d’en faire mon métier. J’étais graphiste à l’époque, je me servais parfois du dessin dans cette activité. Et par le biais d’amis d’amis, mon travail a été suggéré à une autrice : Anne Mulpas. Elle a voulu me rencontrer par curiosité, nous nous sommes plu, elle m’a proposé un texte, nous avons trouvé un éditeur, c’est devenu un livre, le mal était fait !
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Voir mon nom écrit sur une couverture fut un déclic, j’ai choppé le virus, je me suis jetée dans la profession… donc d’abord en tant que simple illustratrice. Après moult péripéties, la deuxième vraie marche franchie, fut celle la maison d’édition MeMo. Là, pas vraiment un hasard : j’ai poussé la porte. Ici, c’est Christine Morault, l’éditrice, qui m’a poussée à l’écriture d’histoires (j’avais écrit un doc pour eux et fait un livre sans texte juste avant, mais ce n’est pas pareil !). Je ne me sentais pas franchement légitime au départ, mais elle a su me convaincre et cela a fonctionné, je suis devenue autrice. Vive les influences extérieures !

Qu’est-ce qui me plaît et me motive dans ce métier ?

Parler de la nature, véhiculer des valeurs, transmettre. Je me suis surtout concentrée sur la nature, l’envie de réveiller un intérêt pour elle chez l’enfant. Je me dis toujours que si on arrive à faire aimer quelque chose à quelqu’un, il naîtra du respect pour cette chose.

Comment je travaille pour écrire un livre ?

Aïe, c’est dur cette question. Car il n’y a pas vraiment de méthode ! C’est différent pour chaque livre !
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Généralement, tout part d’une envie de parler d’un thème.
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Ces thèmes vont venir d’inspiration diverses. Cela peut-être :

  • une résurgence de l’enfance. Par exemple, pour ma première écriture, j’étais assez perdue. Je me suis dit qu’il fallait commencer par quelque chose de classique, j’ai choisi : les couleurs. Direct, m’est revenu en mémoire mon apprentissage de la lecture sur Le magicien des couleurs de Arnold Lobel. J’ai repris l’idée générale de ce livre et c’est devenu « Neige, le blanc et les couleurs » + « Océan, le noir et les couleurs ».
  • des discussions avec les enfants en classe, et c’est étrange à dire, mais cela vient de leurs lacunes… Je suis tellement étonnée de leur méconnaissance dans un thème, que je vois la place à prendre, l’envie de combler… Sont nés ainsi : Abeille et épeire parce que j’avais de la peine pour l’énorme désamour pour les araignées et un vrai besoin de parler des abeilles ; Plantes vagabondes car les enfants semblaient trouver les plantes sans intérêt et j’ai voulu leur montrer à quel point elles étaient créatives et surprenantes.
  • une envie basique : « tiens, je n’ai pas de livre avec un loup, tout le monde a un livre avec un loup… zut, moi j’aime les loups, je vais faire en sorte, que les enfants n’en aient plus peur…» et hop = « moi j’ai peur du loup ».
  • des choses de la vie. La perte de mon chat a donné « Chamour »

Bref, vous avez compris, autant de livres, autant de manières d’en trouver le thème.
Après, pour l’histoire en elle même, c’est presque magique, ça peut venir vraiment d’un coup sans trop y penser. Je ne suis pas une laborieuse (bon, sauf pour les documentaires !!!), je laisse venir, quand le fruit est mûr, il me tombe dans la main. Par contre, ce système est frustrant quand le fruit ne mûrit pas ou met du temps ! Il faut être patient… cela peut prendre 2 jours comme plusieurs années…

Puis vient l’écriture simple et basique pour que cela soit lisible par autrui. Là, commence le vrai travail pour que cela sonne bien.
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Et puis le dessin! C’est long, mais j’adore cela, c’est là que l’histoire devient vivante. L’histoire sert de guide et je dois trouver comment l’accompagner le plus joliment et clairement possible.
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Comment j’imagine mes jeunes lecteurs quand j’écris ?

J’avoue que je n’y pense pas. La lectrice à laquelle je m’adresse est très clairement « moi, petite fille ».

Est-ce qu’il m’arrive de discuter avec les enfants autour de mes livres ?

Cela m’arrive, pas au moment de leur création, mais après. Souvent dans les classes.
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C’est toujours une émotion quand je lis une première fois l’un de mes livres, car je n’ai généralement aucune idée de comment il va être reçu. J’ai parfois eu des surprises ! De les voir rire, là où je ne m’attendais pas particulièrement à être drôle ! Comme à la lecture de… De maman en maman. Après, nous discutons et c’est donc parfois ces discussions qui m’inspirent de nouveaux thèmes…

La BBthèque remercie beaucoup Emilie Vast d’avoir répondu à ces quelques questions et invite tout un chacun à se plonger dans l’œuvre riche, sensible et féconde de cette autrice-illustratrice.
Vous pouvez retrouver ci-dessous les chroniques BBthèque des livres d’Emilie Vast en cliquant sur les titres ci-dessous :

Il ne nous reste plus qu’à vous en souhaiter de très belles lectures !

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La BBthèque chez soi… l’humain derrière les bouquins

Depuis trois semaines, nous sommes tous et chacun confinés dans nos intérieurs, avec des ressources matérielles propres, les livres par exemple, et une autre fenêtre d’ouverture, via le web, pour celles et ceux qui bénéficient de l’équipement adéquat, le numérique constituant ainsi une porte de sortie dans laquelle peu ou prou beaucoup se réfugient. Aujourd’hui dans la BBthèque, je trouve important de replacer l’humain derrière le web et derrière les bouquins. Même si nos échanges n’ont pas lieu au jour d’aujourd’hui sous leurs formes habituelles, ce sont les relations et réalisations humaines qui fondent en grande partie nos vies… à commencer par le petit grand bout qui nous intéresse ici dans la BBthèque : la très riche littérature pour les tout-petits ! Etes-vous prêts à découvrir plus avant, pour commencer, la source de cette littérature : les auteurs des livres pour les tout-petits ?
Dès la page de couverture du livre, cher bébé lecteur, tu peux voir le titre du livre, mais aussi le nom de son, ou de ses, auteur(s), ceux qui sont à l’origine de l’histoire que tu lis. Tes parents peuvent te lire le(s) nom(s) de cet, de ces auteur(s) à haute voix, comme le titre du livre, ainsi peu à peu tu apprendras que ce livre-ci que tu apprécies, il est né de l’imagination et du talent de cet auteur-là. L’auteur, l’autrice peut être celle ou celui qui écrit le texte du livre et/ou celle ou celui qui l’illustre.
Sais-tu que les auteurs ont un visage, un corps, une voix, et même leur propre histoire… comme toi ? Tes parents peuvent te montrer une photographie ou (un autoportrait dessiné, parfois les illustrateurs aiment se présenter à leurs publics ainsi !) de l’auteur de ton ou tes livres favoris, afin que tu puissent un visage sur ces noms… et plus si affinités. On trouve en effet souvent les photos et des éléments de biographie des auteurs sur les sites web des éditeurs (par exemple celles et ceux édités par MeMo, par Les Grandes Personnes, par l’Ecole des loisirs, par Hélium, etc.) ou sur des bibliothèques en ligne participatives comme Babelio. Je vous présente ainsi Kenji Abe, l’auteur de la série des Trois Gibbons (chroniquée ici), Claire Dé (dont les ouvrages sont chroniqués ici) et Claire Garralon (dont les ouvrages sont chroniqués là) :

Le saviez-vous ? Les auteurs créent souvent leur propre site internet sur lesquels ils partagent leur univers : quelques mots sur eux, leurs activités d’auteurs, leurs nouveaux livres, etc. Et, comme sur ces sites les auteurs partagent leurs coordonnées mail notamment, il est possible de leur écrire un mot si vous souhaitez partager avec eux, par l’entremise de vos parents, vos émotions à la lecture de leurs livres !

Invitons, au-delà, tes parents à se plonger dans ces quelques entretiens et portraits d’auteurs-illustrateurs pour les très jeunes enfants, dont un certain nombre de livres ont été chroniqués dans la BBthèque : Jeanne Ashbé, Mathieu Maudet, Malika Doray, Isabelle Simler, Anthony Browne…

Certains auteurs proposent, pour les uns des leçons de dessins en vidéo, pour les autres des lectures de leurs propres textes ! Ce qui est chouette avec les leçons de dessins (entre autres choses) c’est que ça nous permet aussi de voir comment le dessinateur dessine, comment le dessin prend forme, à l’exemple d’Akiko ci-dessous. Ce qui est chouette avec les lectures d’auteurs, c’est de pouvoir entendre et percevoir ce que les auteurs mettent dans leurs mots… et le cas échéant de comprendre en un clin d’œil les différents niveaux de lecture d’un album, comme c’est le cas dans les deux variantes de lectures filmées par Michaël Escoffier ! Et on finit ce parcours vidéo avec la formidable lecture théâtralisée de La chasse à l’ours par une autre Michael, Rosen cette fois, et en langue anglaise s’il-vous-plaît : écouter la mélodie derrière le phrasé, reproduire la gestuelle pour donner corps aux rituels :

Sais-tu enfin que les auteurs et illustrateurs sont friands de rencontres avec leurs jeunes publics ? Pour les voir « en vrai » et discuter avec eux, il t’est possible de te rendre avec tes parents par exemple à des dédicaces en librairies ou lors de salons jeunesse (tu connais le salon de Montreuil du livre jeunesse qui se tient tous les ans ?) ; les structures d’accueil des enfants (crèches, écoles, centres de loisirs, etc.) et établissements culturels (bibliothèques, médiathèques, théâtres, etc.) organisent aussi régulièrement des temps de rencontres entre auteurs jeunesse et jeunes lecteurs, parfois même ces structures organisent des résidences d’écrivains qui sont l’occasion de construire, auteurs et lecteurs, main dans la main, de nouveaux et souvent très beaux ouvrages. Par exemple, la collection Bon pour les bébés, au Seuil jeunesse, est née ainsi (souvenez-vous… on en parlait ici) ; l’extraordinaire album d’éveil musical électro Tipi Tipi Ta publié chez Benjamins Media… aussi (souvenez-vous… on en parlait ). Que de pistes à explorer lorsque le confinement sera levé : aller rencontrer ces personnes qui ont écrit les livres que tu as lus et que tu liras demain !