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L’imagier de l’été

Un imagier de l’été, signé Anne Bertier. Ou plutôt : Anne Bertier livre aux éditions MeMo son imagier de l’été, à savoir tout ce que l’été lui évoque, comme une série d’images, un film qu’elle se repasse quand elle songe à cette saison qui revient chaque année, que dis-je, quand elle en rêve, tant elle l’aime, dit-elle, infiniment. Son imagier de l’été, mais aussi, par ricochet, l’imagier estival des jeunes lecteurs qui, le temps de cette lecture, entrent de plein pied dans cette aventure, épousant le point de vue aimants de cette auteur-illustratrice un brin poète et regorgeant de talent. C’est ainsi qu’un imagier de l’été, le sien, le notre, devient :

L’imagier de l’été

par Anne Bertier

aux éditions MeMo

Un imagier qui ne se contente nullement de lier une image à un mot, mais qui raconte une histoire, l’histoire d’une saison, en images, avec de belles couleurs et des papiers découpés, et en phrases mises en scène comme des poèmes.

L’histoire d’une saison où le soleil est roi, et où bon nombre de gens vont se rafraîchir en bord de mer, maman, notamment. Avec sandales, chapeau et maillot, bien évidemment. Et moi (qui suis donc un enfant), qui prend en plus une bouée (je ne sais pas nager) et des palmes, pour barboter. A la plage, on peut observer les cerfs-volants dans le ciel bleu, les poissons et les algues dans la mer bleue, manger des glaces (au citron !), construire des châteaux de sable & d’eau, lézarder à l’ombre du parasol, puis vider les lieux pour laisser place à la balade des mouettes.

Le mot de la fin pour s’imprégner de tous ces mots et images qui constituent l’été ?

Le soleil,

la mer,

les algues,

les petits poissons,

les bateaux,

la glace,

le goûter,

le sable…

J’aime infiniment l’été !

Définitivement, un imagier de l’été… qui dit savoureusement bien l’été.

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J’ai perdu ma langue

Et si on prenait un peu le temps de rire avec les bébés ? J’ai le livre du moment qu’il vous faut : J’ai perdu ma langue, de Michaël Escoffier et Sébastien Mourrain aux éditions du Seuil jeunesse, qui se sont, je suis prête à le parier, bien amusés aussi à pondre ce drôle de livre-jeu tout cartonné !

Tout a commencé ainsi :

Hier, en mangeant une glace, j’ai perdu ma langue.

dit le texte sur la page de gauche, comme écrit à la main ; l’image, à droite, montre le narrateur la main devant sa bouche, comme si, surpris, il disait « oh ! » ou « oups » !  C’est embêtant, de perdre sa langue… heureusement les auteurs eux l’ont bien pendue, et ils entament toute une quête pour retrouver la langue… baladeuse.

Oui baladeuse car au gré de l’enquête (premier roman policier pour bébé ^^ ?), cherche et trouve Charlie ta langue, les auteurs jouent avec leur petit lecteur par l’image, page de droite, s’amusant à placer à chaque fois le même visuel de langue… employé pour tout autre chose : le képi rouge du policier, un gâteau aux fruits rouges, un parapluie au-dessus d’une brave dame, un bain, une fleur, un bec de canard, etc. Tant de personnages qui veulent aider le narrateur à remettre la main sur la langue, mais qui n’y parviennent pas, parlent de ce qu’ils ne connaissent pas, extrapolent parfois (aurait-elle été enlevée par des extraterrestres ?)… jusqu’à ce que la glace elle-même s’insurge :

« Vous racontez n’importe quoi ! » s’est écriée ma glace. « Les extraterrestres, ça n’existe pas. »

J’ai baissé les yeux : ma langue était là, depuis le début, juste sous mon nez !

Je l’ai remise à sa place vite fait, bien fait. Vous ne me croyez pas ?

Regardez [et le narrateur, espiègle comme un enfant, de tirer la langue, fin de l’histoire] !

Ou comment, par un jeu de rappels en cascades, entrer dans l’esprit rêveur d’un enfant lapant une glace par beau temps ; occupé à manger, il ne dit mot mais n’en pense pas moins… et s’imagine mille et une histoires, l’une en entraînant une autre, avant de revenir vers le point de départ. Un livre-jeu très graphique, très sympa, à lire et relire avec les tout-petits !

Hé, pssst ! Si tu cherches ta langue, je crois savoir où elle est…