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Quand j’étais dans ton ventre

Lumière sur un livre rond tout rond, signé Sophie Furlaud, Samir Senoussi et Vincent Bourgeau aux éditions Gallimard Jeunesse, collection « mes tout premiers livres » :

Quand j’étais dans ton ventre

Cet album tout cartonné dit dans la forme comme dans le fond la formation du tout-petit dans le ventre de sa maman… énoncé tout en questions par l’enfant devenu un peu plus grand :

quand j etais dans ton ventre furlaud senoussi bourgeau.jpg

Dès la page de couverture, le ton est donné : ce premier documentaire est fait pour dialoguer avec les bébés au sujet de leur genèse… avec un des meilleurs outils du monde, un ton humoristique bien assumé ! Les questions qu’un petit bout pourrait se poser rétrospectivement en se projetant de nouveau dans ce passé prénatal :

comment je faisais pour voir dans le noir ?

comment je faisais pour respirer ?

et quand j’avais une grosse envie ?

et quand j’avais faim ? 

et quand je m’ennuyais ?

Monologue du jeune enfant, de double en page en double page, puis la maman prend le relais et fournit à l’enfant une tierce réponse à ses questions : tu grandissais mon enfant ; ce propos, illustré en images, montre le bébé occupant de plus en plus de place dans le rondeur du ventre, dans le rond de l’image, jusqu’à ce que le futur bébé pousse la porte, tout simplement, pour être mis au monde. Le visage rond du bébé apparaît alors sur la forme comme sur le fond : le rond se fait ainsi visage, avant d’épouser la rondeur du nouveau-né en corps-à-corps avec sa maman.

Un livre-caresse, mais aussi un livre marrant pour parler, entre mamans et enfants, de ce qu’ils ont été un jour, avant de voir le jour…

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Les docu-peintures-sculptures

La BBthèque vous présente aujourd’hui une très belle démarche de premiers documentaires pour le très jeune public, à travers l’œuvre de Susumu Shingu, dont trois titres sont parus récemment en France aux éditions Gallimard jeunesse, célébrant la nature et le grand air :

Derrière ces trois titres en effet, un même artiste, né à Osaka au Japon, peintre et sculpteur, qui propose aux bébés lecteurs autant de voyages de grande qualité dans des petits pans de réalité :

La fraise

ou l’anatomie d’une fraise, si si, un livre qui retrace poétiquement et scientifiquement le cycle de vie de ce fruit. Il s’agit d’un récit, qui dit le temps qui passe, mais aussi qui se répète ; d’un récit mis en mots et en images, colorées, réalistes, en mouvements presque, avec quand c’est nécessaire des gros plans, autrement une mise en scène type paysage, pour expliquer la genèse des bébés fraises, de la graine au fruit qui apparaît puis mûrit, les changements des couleurs, l’émergence des odeurs, grâce aux actions du vent et du soleil. En un mot :

La fraise est un paysage infini.

Avec le soleil

L’astre solaire est également de la partie dans cet autre livre, il est tellement présent que c’est même lui qui occasionne l’histoire. L’histoire d’un personnage (bébé lecteur, mon double, mon miroir) qui part en promenade une journée, en bicyclette par un beau temps ensoleillé… Jeux d’ombres à chaque page, pour mettre en scène cette expédition entre amis en été, jusqu’à atteindre la forêt où le soleil n’écrase plus, mais « où scintille la lumière », le sombre progressant, jusqu’à la tombée de la nuit où l’imagination s’embrase et où l’on devient pressé de rentrer chez soi, sous un soleil couchant. Ici aussi, les couleurs sont au rendez-vous pour un récit qui réfléchit intrinsèquement la notion de lumière chez l’enfant.

Le voyage du vent

Last but not least : place à un autre voyage, celui du vent, avec un livre… pop-up (quand le livre devient sculpture et vice-versa), que le bébé lecteur, avec l’adulte, s’amuse à manipuler pour traduire les mouvements du vent. Le vent est le narrateur de ce premier documentaire, qui nous raconte sa journée, de l’éveil, au plus près de nous, à l’endormissement, dans la lumière de l’aurore boréale, toujours en mouvement. L’enfant découvre ainsi ce que le vent écoute : le bruissement des feuilles quand le livre se transforme en arbre abritant oiseaux, branches et feuillages ; ce qu’il entend : quand une vache le salue ; ce qu’il voit : des oiseaux migrateurs qui le voisinent (portés par lui ?) ; ce qu’il crée, formes dans le désert, avancées dans la mer par le pouvoir de son souffle sur un bateau, etc. Un livre-spectacle qui introduit auprès des plus jeunes la fondamentale notion de climat.

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Mini contes pour mini maxi lecteurs

Il y a quelques mois, je publiais un post par ici qui traduisait une quête de premiers contes pour tout-petits… Quelle nouvelle bonne surprise, depuis, que la toute nouvelle collection « Mini Contes » conçue par Attilio et éditée chez Gallimard Jeunesse en 2018… qui permet d’introduire les contes presque dès le berceau ! Elle s’ouvre avec quatre des contes les plus célèbres au monde :

Les couvertures de ces albums tout-cartonnés, petit format carré, représentent très bien les livres eux-mêmes : des dessins simples et modernes, sur un fond blanc, et qui vont raconter, avec des phrases simples et modernes, les contes les plus classiques, le tout servi par un ton joyeux et dynamique.

On retrouve complètement l’esprit originel de ses contes dans ce travail, effectué avec brio par Attilio Cassinelli, d’adaptation de leurs contenus à l’environnement actuel des tout-petits. Ou comment partager avec les plus jeunes la substantifique moelle du patrimoine ancestral en respectant l’esprit mais pas la lettre, réussir sobrement et dans la bonne humeur à faire passer aux enfants présents les messages d’hier et de demain… par l’entremise de petites histoires, mini contes, mine de rien.

Exemple avec Le vilain petit canard :

C’était l’été, le soleil resplendissait.

Maman cane regardait ses petits à peine nés. L’œuf le plus gros n’avait pas encore éclos.

Finalement, l’œuf se brisa. Le dernier petit canard sortit et tous se mirent à marcher à la queue leu leu.

Le petit dernier, qu’on désigne comme le vilain petit canard, est tant et tant rejeté qu’il s’isole jusqu’à s’endormir dans une tanière l’hiver. Quand il se réveille au printemps, il s’est réconcilié avec lui-même et a trouvé ses pareils : laissons le temps au temps, ce vilain petit canard là n’était ni vilain ni canard, mais cygne en devenir, bel oiseau parmi les siens.

Je ne peux que vous conseiller de prendre en main et de partager avec vos mini bambins ces mini contes qui concentrent en eux un maximum de qualités !

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L’imagier de fifi

Un imagier turquoise signé fifi mandirac et 130% mignon :

l’imagier de fifi mandirac

imagier fifi

Où le bébé redécouvre les éléments qui entourent son quotidien : un bol, des bottes, un parapluie, des gâteaux… à travers :

  • des illustrations design, vives, où les éléments sont figurés tantôt comme s’ils étaient vus d’en haut, tantôt d’en bas ou sur le côté
  • des mots pour chaque image, compris dans des petites phrases montrant un usage du terme… jouant les cartes de la contextualisation lexicale et l’appropriation enthousiaste de ce nouveau vocabulaire par l’enfant !

Pour finir cette chronique, une double-page en extrait afin de mieux saisir l’esprit de cet imagier sobre, coloré et léger :

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Maman veille… et bébé dort

Magique, un livre pour ouvrir et fermer les yeux !! Lumière sur Maman veille et bébé dort, de Pittau & Gervais, paru chez Gallimard jeunesse, collection Giboulées, en ce début d’année.

Quand bébé dort à poings fermés, maman veille sur lui et ses rêves d’or.

maman veille bebe dort pittau gervais

Dans cet album tout cartonné, à lire avec les bébés avant le coucher, ou à toute heure de la journée, l’auteur Francisco Pittau et sa compagne illustratrice Bernadette Gervais mettent en scène une série d’animaux, avec la maman sur la page de droite, les yeux grand ouverts et bienveillants, et son bébé endormi sur la page de gauche, les yeux clos, serein, les pattes ou ailes détendues. Permanence de l’éveil, veille, de toutes les mamans aux yeux bleus constants, grâce aux deux yeux ronds découpés dans les pages qui permettent de voir d’un côté la mère éveillée et, quand on tourne la page, son bébé, les yeux (presque) toujours fermés… et ainsi de suite jusqu’à la surprise finale !

De l’art de transformer le quotidien en jeu : le tout petit et sa maman (voire son papa, s’il veut jouer à se travestir en figure maternelle) apprécieront les trous laissés à la place des yeux, qui invitent à y passer les doigts, pourquoi pas, et à s’emparer du livre comme d’une collection de masques : et hop, la maman devient ours, lion, singe, hibou, panda, vache, koala, raton laveur, chat, cochon ! et le bébé itou également.

Une lecture souriante, aimante, apaisante, sous forme de ritournelle, qui se clôt, telle une pirouette, sur une jolie pique : note d’humour judicieuse pour achever d’aborder le sommeil avec simplicité et sérénité, et interroger en filigrane le rôle de messieurs les papas sur ce sujet-là…


 

the-light-bulb-363064_640Pour vous aider à trouver ce livre en librairie ou en bibliothèque, en voici les références complètes :

Maman veille : et bébé dort [Texte imprimé] / Francesco Pittau ; illustrations Bernadette Gervais. – Paris : Gallimard-Jeunesse, 2016. – 1 vol. (24 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 25 x 21 cm.
ISBN 978-2-07-058756-8 : 14,5 EUR