0

Petit homme, petit lapin

Les éditions MeMo publient deux beaux livres de Malika Doray (c’est un peu tautologique), Le petit homme et la mer et Lapin mon lapin :

Le petit homme et la mer

Mon premier est un conte initiatique, empli de poésie, qui met en scène un petit homme (jeune ou vieux, M. Hemingway le titre du livre de Malika Doray ne le précise pas).

C’est l’histoire, donc, d’un petit homme, aux allures de lutin ; un petit homme doté d’une grande ambition, qui se lance dans une aventure à la mesure de son projet : il part sur la grande mer du Nord pour pêcher le plus gros poisson du monde.

Quand je l’aurai attrapé, dit le petit homme, je rentrerai et tout le monde m’admirera. Et à tous ceux qui ne m’admireront pas, j’offrirai une des écailles du plus gros poisson du monde. Comme ça ils m’aimeront.

C’est un petit homme qui se lance un défi pour obtenir une récompense, c’est un petit homme qui se cherche, et que va-t-il trouver pendant son expédition ? Une libellule… pour appâter le poisson… puis LE poisson, car voici que le plus gros poisson du monde mord à l’hameçon.

– Ouiiiii, jubile le petit homme, j’ai attrapé le plus gros poisson du monde !

– Oh, oh, se dit le gros poisson, on dirait que j’ai pris un tout petit homme.

Ah… en fait, ce n’est pas que l’histoire d’un petit homme. C’est aussi l’histoire d’un gros poisson, qui cultive son propre projet à l’égard de ce petit homme là… : « le mettre sous une cloche en verre avec un paille pour qu’il respire et on le regarder gigoter » aie aie aie ! Il soumet son idée à ses parents (plus petits que lui, hihi), qui heureusement, lui remettent les points sur les i :

Grand Dieu ! A ton âge ! Tu n’as pas honte d’embêter plus petit que toi ? Allez, ramène le vite chez lui.

Le trajet retour des deux compagnons est le moment de la résolution du conflit, où le petit homme console le gros poisson, et réciproquement, où le dialogue émerge et s’instaure, et où les deux êtres rient et deviennent amis, jusqu’à savoir comment faire don d’un peu de soi à l’autre, qu’on a croisé sur son chemin et appris à connaître. Les deux protagonistes sortent grandis et changés de cette épopée ; ils y ont trouvé l’amitié. Les illustrations, sobres en couleurs, s’amusent à jouer de ce qui se passe à la surface de l’eau et sous l’eau, par un jeu de bordures en formes de vagues, faisant se rencontrer ces deux mondes, l’espace d’un instant… magique… inscrit dans le temps.

Lapin mon lapin

Mon second est un discours fait livre : c’est une maman lapin qui parle à son bébé lapin tout en le berçant (le bébé lapin est lui-même petit, comme le petit homme, et il sortira grandi, comme le petit homme, de cette conversation avec sa maman)… « lapin mon lapin », lui dit-elle…

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand le soleil se couche, pour toi il est l’heure de dormir, même si d’autres animaux vivent la nuit ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle à l’occasion de déjeuner, « tu as deux mains et une cuillère », quand d’autres ont un bec ou une trompe… tu n’as donc aucune raison de mettre tout par terre ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire seule, nous ne sommes pas inséparables, mais deux êtres différents, nous pouvons donc nous séparer… pour ensuite nous retrouver ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire seule, nous ne sommes pas inséparables, mais deux êtres différents, nous pouvons donc nous séparer… pour ensuite nous retrouver ;

« Lapin mon lapin », lui dit-elle quand elle a à faire tout court, les poulpes ont huit bras, les mille pattes ont mille mains, mais maman lapin n’en a que deux et ne peut pas tout faire à la fois ; petit lapin a deux mains aussi et « il faut tout faire un par un : jouer, se promener… ».

Un joli album qui dit aux tout-petits les joies de l’autonomie… et le regard bienveillant du parent.

**

Pssst : pour découvrir d’autres livres de Malika Doray dans la BBthèque, c’est par ici !

Publicités
0

Kiwi et dodo au carré !

Voici deux livres frais & rigolos pour accompagner l’été des parents et des bébés :

Le kiwi du kiwi & Le dodo du dodo

par Eva Offrédo

aux éditions A pas de loups 

Un graphisme simple, ludique et joyeux, des jeux de sons et de mots à gogo, telle est la formule résolument gaie de ces deux imagiers tout cartonnés. Avec le dodo, on accompagne l’enfant vers le coucher, à l’instar des différents animaux qui tombent de sommeil quand tombe la nuit : si le dodo fait dodo, la vache rêvasse, le boa baille, etc. Avec le kiwi, on mange non pas 5 mais 10 fruits et légumes par jour, oui oui, car si le kiwi raffole du kiwi, le ouistiti dit oui au céleri et le zèbre se presse pour le yuzu ! et le bébé lecteur, quant à lui, se met à table pour déguster une salade… de fruits !

 

0

Voilà l’été !

Oui oui oui ça y est l’été nouveau est arrivé ! Et dans la BBthèque on va fêter cet événement de calendrier avec un magnifique tout cartonné… intitulé Voilà l’été ! Il est signé Pauline Kalioujny au Seuil jeunesse, et c’est un livre qui s’adresse aux petits bébés… tant par les mots et images que par les volumes : ici, l’approche tactile est privilégiée.

voila l ete pauline kalioujny

Dans ce premier documentaire à la fois moderne et intemporel, une histoire : celle d’une petite fille qui vit pleinement le passage à la saison estivale, de même qu’un certains nombre d’animaux, échos des premières expériences de cette jeune vacancière : c’est le moment de… se protéger du soleil, se jeter à l’eau, faire la planche, etc.

A chaque double page, le bébé lecteur découvre les couleurs et sensations estivales avec ses yeux observateurs, ses oreilles (buvant les mots lus à haute voix par l’adulte lecteur) et ses petits doigts explorateurs : sur les deux premières pages, il est invité à toucher, comme le parent en train de l’ajuster, le chapeau, en relief, de l’enfant arborant déjà ses lunettes de soleil, de même que le crabe s’abrite derrière un rocher également à tâter ; pour jouer dans l’eau, l’enfant prend sa bouée (3D) tandis que les dauphins (3D) s’amusent tout autant sur la p(l)age d’à côté ; quand la fillette flotte, comme l’oiseau, le bébé lecteur peut sentir du bout des doigts toutes les parties de leurs corps qui restent à la surface de l’eau, c’est beau et rigolo ; inversement, quand elle plonge la tête sous l’eau pour observer la vie sous-marine (tant et tant de poissons), il y a tout à voir mais rien à toucher ! la chasse à l’ombre se poursuit ensuite, par un jeu de rabats : le lézard lézarde, l’enfant… aussi ; derniers jeux de plein air, puis quête, comme les petites bêtes butineuses, d’un goûter 100% nature, fruits et baies de saison, avant de s’endormir, au frais dans la maison, à l’instar du chat, dans des draps palpables tant ils semblent confortables, et rêver… rêver de devenir une sirène, peut-être, souriante et heureuse femme-poisson, qui nage nage nage comme les poissons qui prennent forme quand on pose le doigt sur leurs écailles.

Une belle journée du matin à la nuit tombée, dans la vague de l’été ! Demain… jeux de sable ?

Pssst et pour continuer dans les lectures bébé & été, suivez le tag BBthèque #été !

0

A toi de choisir…

Livre-jeu un jour, livre-jeu toujours ! Nous parlons aujourd’hui dans la BBthèque de Mes petits moments choisis, d’Ella Charbon aux éditions L’école des loisirs, un joli petit album tout cartonné qui décline un concept qui fonctionne fort bien auprès des petits bambins : 1 image, 2 volets, 3 possibilités…

Ce livre, format paysage, invite le bébé lecteur, par un système de rabats, à agencer l’image et découvrir une lecture à plusieurs niveaux des illustrations proposées, selon ses petites manipulations, et, au-delà, à faire un choix… voire opter pour les deux solutions proposées si c’est ce qu’il préfère, bref s’affirmer et gagner en autonomie.

A ma gauche, une question avec deux propositions alternatives qui correspondent toujours à deux verbes : « Goûter ou jardiner ? », « Etre un petit cochon ou être le loup ? », etc. A ma droite, une illustration en deux volets qu’on peut ouvrir, pour découvrir… une toute nouvelle scène mêlant les deux options ! En refermant au contraire un volet et en ouvrant l’autre, on distingue les spectacles de la première action et de la seconde.

Avec en fil rouge, un seul et unique narrateur et auteur de toutes ces actions du quotidien : un ours blanc, souriant et bon vivant, qu’on suit, effet-miroir, dans tous les moments-clés d’une journée. En bref, un tout premier documentaire ludique, tendre et rigolo.

0

Doux rêves, doux rêveurs…

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter une véritable anthologie poétique des rêveurs pour les tout-petits… et pour toute la vie : un très très beau livre, signé Isabelle Simler aux Editions courtes et longues, dont voici déjà la très très belle couverture…

C’est un ouvrage grand format (28 x 25 cm) de 80 pages s-il-vous-plaît… et qui sent bon le papier. C’est un album qui explore et apprivoise le monde de la nuit pour les tout-petits : il dit, à travers le dessin, le noir mais aussi et surtout toutes les lumières qui l’habitent. C’est une histoire qui restitue la vie, de manière sensible et sensitive, aux tout-petits, la nature dont ils font biologiquement partie.

Isabelle Simler livre ainsi, de double-pages en double-pages, des portraits d’animaux endormis en gros plan, dans leurs environnements, avec des traits si fins, si précis, qu’on en perçoit le moindre détail, qu’on aimerait les toucher. Les mots ne sont pas en reste pour décrire ces temps de sommeil et de rêves si essentiels à l’éveil… Quelques extraits deci-delà, de beaux poèmes qui accompagnent chaque portrait de dormeur :

le paresseux rêve en hamac

la baleine à bosse rêve à la verticale

le rouge-gorge rêve en pelote

la chauve-souris rêve à l’envers

le hérisson rêve à l’abri

l’hirondelle rêve à tire d’aile […]

l’enfant rêve sous la lune

Ce livre magnifique, qui capte le regard et retient l’attention des lecteurs de tout âge à la minute où on s’en saisit, a bénéficié de l’aide à la création littéraire jeunesse du Conseil départemental du Val-de-Marne et est offert comme cadeau de naissance à tous les enfants nés dans ce département en 2018… Vous trouverez d’ailleurs quelques éléments complémentaires et éclairants dans cette vidéo, où Isabelle Simler, l’auteur et illustrateur/trice de Doux rêveurs, explique sa démarche :

Bon voyage dans les contrées du rêve, à la frontière du réel et de l’imaginaire !

0

De quoi rêves-tu dans le noir ?

C’est l’hiver, la nuit tombe tellement tôt… c’est le moment ou jamais de se plonger dans un réjouissant livre phosphorescent pour faire briller les yeux des jeunes enfants :

De quoi rêves-tu ?, écrit et illustré par Hector Dexet aux éditions Amaterra, est un album qui joue définitivement la carte du passage du jour à la nuit, histoire idoine du soir dans la mesure où il met en scène des rêves… des rêves d’animaux d’abord (tes doudous, bébé lecteur…) et puis ceux du bébé lecteur lui-même (si ce n’est lui, c’est donc son frère)… représenté sous sa couette, endormi, en train de rêver, apaisé, lui aussi.

Explication : chaque double page représente, en pleine lumière, de jour donc, un petit être, et interroge ce qui se passe dans sa tête, une fois la nuit tombée quand il se trouve, de fait, plongé dans le noir le plus complet… La forme et le fond se marient ici à merveille pour offrir un très chouette spectacle aux enfants : grâce à la physique, la lecture devient magique… ! Car en plus de l’illustration et du texte classiques, chaque double page est doublée d’une illustration et d’un texte phosphorescents ; après le temps de lecture éclairé (sur un fauteuil placé à côté d’une lampe qui l’éclaire par au-dessus, c’est parfait…), on éteint la lumière et l’histoire phosphorescente prend le relais, donnant corps aux rêves les plus fous des différents personnages !

On peut lire tout le livre suivant cette technique, suscitant plaisir et émerveillement chez le jeune enfant : j’allume puis j’éteins, j’éteins puis j’allume, selon si j’allume ou si j’éteins, je ne vois ni ne lis la même histoire… Ce sont deux faces cachées qui se complètent, et puis c’est aussi un moyen intéressant, drôle et ludique, de surmonter et la peur du noir, et l’angoisse de la mise au lit, quand elles surgissent chez le tout-petit : notre sommeil aussi est rempli de vie…

0

Théâtre hilarant en pâte à modeler

Le froid s’installe, la nuit tombe de plus en plus tôt, les uns et les autres font grise mine… halte à la déprime, l’auteur(e) et illustrateur japonaise Michiyo Namura a décidé de nous redonner le sourire avec son album hi hi ha ha ha publié à l’école des loisirs, théâtre hilarant pour enfants, tout en pâte à modeler  :

Un atelier plastique résolument joyeux, dans la mesure où Michiyo Namura utilise la pâte à modeler, très colorée, pour représenter et offrir aux bébés lecteurs le spectacle de la gaieté. Ses réalisations rondes et vives (la bienveillance jusqu’à la dernière dent de tous ces sourires à pleines dents) sont photographiées et présentées sur fonds de couleurs pastel unies (blanc, violet, rose, vert, bleu…)… plus vraies que nature, comme si elles venaient d’être modelées par les petites mains des petits lecteurs. Ses réalisations, à savoir de petits bonshommes, adultes, enfants, bébés, à qui la vie sourit ou qui sourient à la vie, exprimant leur bonheur tant via leurs mines réjouies que par l’émission de drôles de petits bruits, onomatopées enclenchant tout un jeu avec le son… les sonorités, donc, des émotions. Ici, le rire est toujours partagé : un tout-petit dans les bras d’un adulte aimant, le berçant ; et parfois même une famille entière ! Des câlins, des guiliguilis, une berceuse, une balade, une sieste (avec doudous contents itou également), des bisous, un méga sourire quand on nous prend en photo… in fine, tout au long de la journée, tout peut devenir prétexte à s’amuser et s’extasier.

En bref, un album un brin euphorisant pour mettre en images et en sons les émotions avec les jeunes enfants, rire ensemble à gorge déployée… et leur lancer, pourquoi pas, des défis en pâte à modeler !

Et… psssst… rendez-vous ici pour découvrir d’autres livres d’éveil artistique !