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Jeff Koons pour les bébés

J’ai le plaisir de vous présenter un livre d’éveil artistique à destination des tout-petits, publié aux éditions du Centre Pompidou :

Jeff Koons pour les enfants !

C’est un tout cartonné format carré, très agréable et facile à manipuler. Sa couverture est EXTRA, en 3D svp, le bébé lecteur peut littéralement toucher la reproduction du Balloon dog (blue) de J. Koons, ce qui lui donne un ersatz de sensation de ce que peut être l’œuvre originale. A l’intérieur, ce premier documentaire se lit comme suit : sur la page de droite, une reproduction d’œuvre d’art, sur la page de gauche, un texte-guide-récit l’accompagnant, de manière ludique et graphique. Ainsi le Balloon dog (blue) qui ouvre le bal est accompagné des commentaires suivants : « Regarde moi. Je suis brillant comme un miroir », qui mettent en lumière et en question l’illustration.

Ce beau premier livre d’art invite les jeunes enfants à découvrir l’univers et la démarche artistique de Jeff Koons au travers de dix de ses œuvres puisant dans l’imaginaire de l’enfance : Balloon dog (blue), Bear and policeman, Elephant, Building Blocks, Large Vase of Flowers, Lobster, Split-Rocker (Pink/Blue), Inflatable Flower and Bunny, Cat on a Clothesline (Blue), Michael Jackson and Bubbles. Une entrée en matière réussie que cette mini muséographie pour tout-petits du plasticien & sculpteur américain, emblématique de l’art contemporain.

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J’ai perdu ma langue

Et si on prenait un peu le temps de rire avec les bébés ? J’ai le livre du moment qu’il vous faut : J’ai perdu ma langue, de Michaël Escoffier et Sébastien Mourrain aux éditions du Seuil jeunesse, qui se sont, je suis prête à le parier, bien amusés aussi à pondre ce drôle de livre-jeu tout cartonné !

Tout a commencé ainsi :

Hier, en mangeant une glace, j’ai perdu ma langue.

dit le texte sur la page de gauche, comme écrit à la main ; l’image, à droite, montre le narrateur la main devant sa bouche, comme si, surpris, il disait « oh ! » ou « oups » !  C’est embêtant, de perdre sa langue… heureusement les auteurs eux l’ont bien pendue, et ils entament toute une quête pour retrouver la langue… baladeuse.

Oui baladeuse car au gré de l’enquête (premier roman policier pour bébé ^^ ?), cherche et trouve Charlie ta langue, les auteurs jouent avec leur petit lecteur par l’image, page de droite, s’amusant à placer à chaque fois le même visuel de langue… employé pour tout autre chose : le képi rouge du policier, un gâteau aux fruits rouges, un parapluie au-dessus d’une brave dame, un bain, une fleur, un bec de canard, etc. Tant de personnages qui veulent aider le narrateur à remettre la main sur la langue, mais qui n’y parviennent pas, parlent de ce qu’ils ne connaissent pas, extrapolent parfois (aurait-elle été enlevée par des extraterrestres ?)… jusqu’à ce que la glace elle-même s’insurge :

« Vous racontez n’importe quoi ! » s’est écriée ma glace. « Les extraterrestres, ça n’existe pas. »

J’ai baissé les yeux : ma langue était là, depuis le début, juste sous mon nez !

Je l’ai remise à sa place vite fait, bien fait. Vous ne me croyez pas ?

Regardez [et le narrateur, espiègle comme un enfant, de tirer la langue, fin de l’histoire] !

Ou comment, par un jeu de rappels en cascades, entrer dans l’esprit rêveur d’un enfant lapant une glace par beau temps ; occupé à manger, il ne dit mot mais n’en pense pas moins… et s’imagine mille et une histoires, l’une en entraînant une autre, avant de revenir vers le point de départ. Un livre-jeu très graphique, très sympa, à lire et relire avec les tout-petits !

Hé, pssst ! Si tu cherches ta langue, je crois savoir où elle est…

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Dans le ciel

Après Mes envolées, et si on partait plus avant à la découverte du ciel avec les tout-petits n’enfants ? Un fil continu de poésie, de grandes et magnifiques illustrations ainsi qu’un texte d’information qui pose tout un tas de questions et prend le temps d’y répondre brièvement et simplement : c’est le pari réussi du premier documentaire Dans le ciel, écrit par Aurélia Coulaty et illustré par un duo d’illustrateurs et designers réunis au sein de l’atelier Bingo, aux éditions Amaterra :

Les images, expressives, colorées, empruntant à l’abstraction pour mieux mettre en scène le ciel, occupent la majeure partie des doubles pages, et le texte figure en-dessous, telle une légende, à gauche le mot, à droite l’explication, invitant le bébé lecteur à lever les yeux pour mieux observer le ciel en général, alternant points de vue fondamental et original, soit, en particulier… : le soleil, la pluie, l’arc-en-ciel, les cerfs-volants, le vent, les grues, l’aurore boréale, les lanternes célestes, l’âme des gens, la brume, la trace de l’avion, les montgolfières, l’orage, les abeilles, les graines de pissenlit, l’aube, le crépuscule, les étoiles filantes, les pigeons voyageurs, les machines volantes, la tornade, les nuages, les chauves-souris, la lune, les flocons de neige, les lâchers de colombes, la fumée, les feuilles d’automne, les feux d’artifice, les papillons, la grêle et la Voie lactée.

On passe d’un sujet à l’autre sans transition ou presque, et ce livre peut être lu du début à la fin d’une traite, comme au gré des petites mains qui le feuilletteraient dans l’ordre qu’elles voudraient ; on s’intéresse au climat, aux saisons, au jour, à la nuit, à comment, qu’on soit homme ou animal, voler et traverser le ciel, à ce que les hommes projettent et mettent dans leur tête quand ils regardent et investissent à leur tour cet espace immense au-dessus de nous. En bref, il s’agit là d’une superbe et inédite encyclopédie visuelle du ciel, dont vous pouvez découvrir quelques extraits ici

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Héros surprises

Avis aux déjà-geeks et futurs-geeks, Gilbert Legrand, le pro de la transfo des objets en trucs dinguos, s’attaque aux super-héros ! Dans la famille livres-surprises, après les Animaux et les Trésors… je demande les Héros !

Ca se passe toujours aux éditions Sarbacane, en cartonné format carré hautement manipulable par les petites mains et les grands yeux, avides de jouer avec les objets du quotidien… eux-même intrinsèquement dotés, mais si bien sûr, de sacrés pouvoirs… aux yeux des bambins ! Une belle ode à ces menus (mais super) produits, personnalisés à souhait pour accomplir leurs (super) missions… ! Allez, deux exemples, en images s’il-vous-plaît :

L’image reprise en couverture de l’album :

Un tire bouchon ? [l’apprenti lecteur voit sur sa gauche l’image détourée d’un tire-bouchon… et entend l’adulte lire « un tire-bouchon » ; il tire le rabat et découvre à la droite du tire-bouchon un drôle de super-héros :

EXTRACTOR Devant lui, les bouchons s’enfuient !

Mais aussi… ceci :

Psst connaissez-vous aussi…. la vie caché de ces instruments là : voici qu’un couvercle à casserole se transforme en CUISTOMAN étouffant les marmites en fusion, une perceuse en PERCEMAN, roi du mille trous minutes, une planche à découper en PLANCHA GANGSTAS, une bombe de peinture en DOCTEUR TAG qui de son ombre domine la ville fantôme,  etc. !

Une merveille, que dis-je, mille merveilles, visuelle(s) et fonctionnelle(s) pour les plus petits et les plus grands, qui met(tent) littéralement le design à portée de main des bébés… émerveillés.

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Jouons avec les formes

Encore des maths à portée des tout-petits ! De même que son compatriote Yusuke Yonezu, Manami Fuchida est notamment l’auteur-illustratrice d’une série de livres tout-cartonnés, parus en 2010 et invitant les bébés à jouer avec les formes, en l’occurrence en France aux éditions Didier Jeunesse, collection Jouons avec… :

les carrés…

les triangles… et les ronds !

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Au menu de chacun de ces albums, une approche ludique des formes géométriques primaires : chaque double page met en images une saynette déclinant divers assemblages de la forme annoncée dans le titre du livre, pour représenter des objets ou encore moments du quotidien, avec pour seul texte une onomatopée bien ciblée.

Sobres, créatifs, colorés, ces petits livres carrés éveillent et stimulent le sens de l’observation et de la construction des très jeunes enfants, invitent au dialogue avec le parent lecteur, le tout dans une veine pop, grâce à l’heureux cocktail de graphisme, de scénographie et d’onomatopées.

Nota bene : à se procurer pour l’heure en bibliothèque ou médiathèque seulement, car ces trois titres sont hélas en arrêt de commercialisation…

 

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Micha au cirque

Lumière sur un album très graphique sur l’univers du cirque, signé Isaure Fouquet aux éditions MeMo, qui présentent en ces termes cette illustratrice-plasticienne :

Isaure Fouquet […] crée un bestiaire enfantin et symbolique peuplé d’animaux hybrides et singuliers. Inspirée par les civilisations anciennes, l’art primitif, Picasso ou encore Le Douanier Rousseau, elle développe une poésie graphique et chimérique.

Micha au cirque

MIcha est un (drôle de) chat (mi animal, mi homme… ?) qui se lance dans des aventures acrobatiques, en tombant nez-à-nez, à l’occasion d’une promenade, sur une camionnette de cirque ! Aussitôt, il emboîte, enthousiaste, le pas d’un zèbre, pénètre dans le chapiteau, et découvre, souple et agile de corps et d’esprit, les jeux circassiens en s’y essayant bon an mal an au(x)…

  • trampoline : hop !
  • trapèze… balèze
  • jonglage (5 balles)
  • jeux d’équilibriste avec un ballon
  • monocycle
  • (mini) piano
  • haltères… oh hisse…
  • au cerceau… hulo hoop !
  • au cercle de feu… chaud !

Chaque double page présente ainsi, de façon très visuelle (trois couleurs : rouge, noir, blanc), y compris le brin de texte souvent accompagné d’onomatopées, un numéro de cirque effectué par l’artiste circassien improvisé, qui décidément n’a peur de rien et se débrouille, d’ailleurs, plutôt bien… Le voici, ce MIcha, endosse tous les rôles l’un après l’autre, découvrant par l’acte les métiers du spectacle, jusqu’à se vêtir des habits du maître de cérémonie, pour, précisément, clore, par un beau discours, cette (drôle de) représentation !

Un album simple et beau (quelques images à découvrir ici), jouant à fond la carte de l’investissement à 100%, mais aussi de l’immersion, de l’imitation et de l’apprentissage ou acquisition de compétences vitesse grand V, pour et par les bébés lecteurs, spectateurs et acteurs… qui, à cet âge, expérimentent comme MIcha, corps et âme, avec autant de plaisir que de sérieux, absolument tout par le jeu… !

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Les félins en formes, ou la géométrie avec les chats

Vous n’avez encore jamais vu de chat… comme ça ! Après LES OISEAUX (couleurs) et LES CHIENS (contraires), voici qu’Elo, aux éditions Sarbacane, explore les formes avec LES CHATS… qu’elle forme et déforme afin que le bébé lecteur identifie et manipule à son tour les formes !

Oui, la créatrice franco-suédoise Elo livre ainsi un nouvel imagier des plus réussis, avec ce fil rouge du chat déformable à merci, ce qui est par ailleurs très rigolo. Le résultat ? Un premier documentaire, aux tons colorés et joyeux, sous forme de livre-jeu avec des volets et rabats à soulever par le jeune enfant : un chat rond (vert), présenté de face, surprise, est entouré d’un chat (jaune à taches) l’encerclant ; un chat (violet à pois) de côté, en mode triangle, se transforme, déplié, en chat blanc tout étalé, format carré (chat ou coussin félin ?), un chat jaune à poids qui fait le pont (arc) d’un côté devient un chat violet qui fait le gros dos (ovale), une queue en ligne droite mute si vite en zig zag, etc.

On devine, dès la première page, toute l’affection portée à ces êtres à quatre pattes, compagnons quotidiens, à travers ces mises en scènes originales de félins… si proches pourtant du modèle original tant Elo capte bien les expressions et attitudes de cet animal domestique… ou rebelle à la domestication !

Par le jeu, le bébé lecteur découvre — littéralement — et nomme — avec l’adulte accompagnant — les formes simples ET complexes : le rond, le cercle, le triangle, le carré, l’arc, l’ovale, la ligne droite, le zig zag, le triangle, le losange, le parallélépipède, le trapèze, le carré, le rectangle, la flèche, l’hexagone, la spirale, la croix. Par la manipulation, le tout-petit fait ses premiers pas en géométrie, observant mais aussi et surtout devenant le créateur des formes qu’il construit.

Pour terminer ce billet… un petit extrait… tout en plis et déplis… magie magie rime avec géométrie !