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Rose poulpe et orange sanglier

Oyez oyez, deux nouvelles couleurs et animaux font leur apparition dans la très chouette collection signée Janik Coat aux éditions MeMo : après les couleurs primaires et le vert, voici le rose, associé à la figure du poulpe, et l’orange, associé à celle du sanglier :

Au menu, des associations toujours étonnantes et détonantes, qui fonctionnent à merveille : un poulpe et un sanglier, bien sûr, des animaux familiers très courants qu’on croise rarement sur notre chemin ; un poulpe rose et un sanglier orange, encore moins !

Le principe de cette série reste identique aux quatre premiers titres : un livre, format paysage = un animal au prénom sooooo vintage = une couleur = quelques autres éléments, organiques ou statiques, vivants ou morts, de la même couleur ! Pour l’orange, les citrouilles & carottes, les orangs-outangs, les soucis et le jus d’orange ; pour le rose  : les flamants roses, les roses, les cochons et l’amouuuur ! Et pour finir, le jeu : retrouver Jean-Michel le sanglier orange parmi des sangliers d’autres couleurs (non vraiment ils osent…) ; et idem pour Ava, le poulpe rose !

En bref, toujours, un bestiaire imaginaire servi par un graphisme ludique pour appréhender une à une, et dès le plus jeune âge, les couleurs de la vie.

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Emilie Vast et les couleurs

Quand l’illustratrice, auteur et plasticienne Emilie Vast s’attelle à la question des couleurs aux éditions MeMo, collection Tout-petitsmemômes , voilà qui donne des petits bijoux de poésie à portée des tout-petits, à travers deux livres jumeaux, deux livres miroirs :

neige le blanc et les couleurs emilie vastocean le noir et les couleurs emilie vast

Neige, le blanc et les couleurs

Neige est une tourterelle que le bébé lecteur rencontre en plein hiver. Cette tourterelle, sur la terre ferme, fait chaque jour une découverte : le lundi, une vive baie rouge ; le mardi, une éclatante baie orange ; le mercredi, une lumineuse baie jaune… quand la semaine s’achève, notre tourterelle dispose de sept merveilles aux couleurs de l’arc-en-ciel ! Mais que peut-elle en faire ? La voici qui plante la baie rouge dans le sol, et tous les éléments environnants prennent la couleur rouge, c’est trop vif ; puis qui la déterre pour planter à s place la baie orange… c’est trop éclatant ; puis de même pour tenter la baie jaune, rien que la baie jaune… mais c’est trop lumineux… et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’oiseau ait la judicieuse idée de planter simultanément les baies de chaque couleur qu’elle a précieusement réunies ! Et voici que le paysage s’anime des mille couleurs du printemps… !

Océan, le noir et les couleurs

Sur le même principe, et avec les mêmes mots, voici l’aventure d’Océan, le cheval de mer vivant dans le noir des profondeurs. Ses découvertes quotidiennes à lui sont des perles… de différentes couleurs, exactement les mêmes que son alter ego Neige : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo et violet. Sept perles, sept teintes, sept filtres à travers lesquels mettre le monde en lumière… et la huitième merveille, l’éventail des couleurs au fonds des eaux quand l’hippocampe se met à enfouir dans le sable tous ses trésors à la fois !

Une paire d’albums complémentaire pour le plaisir des yeux, l’éveil des sens, la découverte des contrastes et des couleurs, l’attention à la nature, l’action des êtres vivants sur leur environnement et l’œuvre du temps. Un bonheur de lecture à partager avec les très jeunes enfants.

 

 

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Les couleurs volatiles

Après les contraires canins/malins, voici qu’Elo et la Sarbacane se sont fait pousser des ailes pour mieux exposer aux tout-petits un bel éventail de couleurs :

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Dans le livre animé Les Oiseaux (couleurs), par d’astucieux rabats, les bébés lecteurs jouent avec les plumages pour dévoiler les teintes cachées de drôles d’oiseaux : une aile blanche en mode recto, noire en mode verso ; une autre blanche et noire, mais aussi rouge quand le volatile s’envole ! un troisième se camoufle sous un manteau gris ; un œil fermé se révèle d’un bleu pâle persistant ; un bec mutant, passant du noir à l’orange, très étonnant ! une poule couvant son poussin si jaune ; une huppe faisant sa tomber sa huppe couleur marron, un presque-paon nous fait l’honneur de nous montrer son derrière… vert… et pourquoi pas aussi… on va dire… un cygne… violet ?? Et la chouette n’en fait pour sa part qu’à sa tête … pour voir la vie en rose !

En bref, un imagier ludique et chouette (hehe) sur le thème des couleurs, avec, en bonus, un graphisme toujours design et un choix original et fort à propos de couleurs non standardisées, éveillant le regard des tout-petits et les invitant à sortir, par le jeu, des sentiers battus.

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Betty voit rouge

Gros coup de cœur pour cet album qui parle si bien de la colère :

Betty voit rouge

de Steve Antony

aux éditions Milan
collection Les histoires des tout-petits

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Où l’on suit Betty, un tout jeune singe au féminin, qui a faim mais ne cesse de rencontrer de menues difficultés l’empêchant de se rassasier tout de suite – maintenant – toute seule comme elle voudrait ! Obstacles = déconvenues = frustration = colère = pleurs, sanglots, hurlements, roulades par terre !

Qui aurait cru qu’essayer de manger par soi-même une banane pouvait déclencher de telles émotions pour un(e) tout(e) petit(e) ? Et pourtant… que de gestes à comprendre puis réussir à effectuer : éplucher le fruit… en autonomie ; le manger sans le « casser » et en faire tomber la moitié, etc. ! C’est l’expérience de l’impasse qui met Betty dans tous ses états ; puis, au bout d’un moment, la crise prend naturellement fin dans l’esprit et le corps du petit être tourmenté : une accalmie… prolongée grâce à un précieux adjuvant, en l’occurrence un certain Monsieur Toucan (soit vous et moi dans dans la vraie vie), qui guide la jeune Betty dans la maîtrise de ses émotions et dans la résolution du problème ayant causé la colère de la demoiselle. Avec lui, la jeune Betty achève de surmonter sa colère intense mais passagère, retrouve le calme et thésaurise sur son apprentissage… afin de parvenir à manger par elle-même cette satanée banane (ou si ce n’est-elle, l’une de ses sœurs) tout en confiance et bonne humeur, une prochaine fois.

Tout est bon à prendre dans cet album tout cartonné : le choix universel de la banane comme objet de convoitise, le sens du récit à suspens avec de multiples rebondissements (alias répétitions de crises… et sorties de crise), l’efficacité graphique (succession de situations illustrées comme de mini bandes dessinées, code couleur rouge colère / jaune repos, etc.), les mots, l’état d’esprit à la fois humoristique et bienveillant… En bref, la formule parfaite pour aborder, avec tact et psychologie, la question de la colère, mais aussi celle, plus large, de l’école de la vie, avec les tout petits.

Le début de l’album à feuilleter en ligne (clic sur l’image ci-dessous) pour vous faire une idée :

Betty voit rouge - feuilleter