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Nouveaux livres à gogo #1 : ruée vers l’art

Dans la BBthèque à partir d’aujourd’hui, lumière sur des albums récents que vous pourrez vous procurer dans vos librairies indépendantes préférées si elles ont redémarré leur activité. La BBthèque vous invite à vous enquérir auprès de votre libraire de proximité de ses modalités éventuelles d’ouverture ; certaines librairies pratiquent par exemple des formules de type « drive » où vous réservez par mail, en ligne ou téléphone vos ouvrages, puis venez retirer votre commande sur un créneau dédié.

Et nous démarrons aujourd’hui cette plongée dans les nouveautés avec une ruée vers l’art, car l’art, tout comme le livre, c’est de l’or en barre, même quand on ne peut pas aller dans les grands musées par mesure de sécurité ! Au menu de cette chronique, deux livres d’éveil artistique :

  • Une histoire vraie, biographie d’artiste : Yayoi Kusama, l’artiste qui mettait des pois partout, de Fausto Gilberti aux éditions Phaidon
  • Un livre d’images qui disent tout et son contraire, bref un imagier artistique des contraires : Les contraires, conçu par Andy Guérif aux éditions Palette

Yayoi Kusama

l’artiste qui mettait des pois partout

Mon premier est une femme avec des lunettes en forme de pois, qui porte et conçoit des robes à pois et dessine des pois tout le temps, partout, y compris sur des gens et sur des citrouilles.

C’est… Yayoi Kusama, qui, sous la plume de Fausto Gilberti, se raconte à la première personne. Une façon simple, directe, attachante de s’adresser aux jeunes lecteurs et de leur présenter la vie et la démarche de cette artiste contemporaine japonaise, qui a commencé sa carrière aux Etats-Unis avant de retourner vivre au Japon où elle continue de créer au jour d’aujourd’hui.

Une découverte riche en pois et au-delà, servie par des illustrations pleines d’humour et de respect pour l’œuvre originale de Yayoi Kusama.

Les contraires

Après ce focus sur une artiste contemporaine, mon second propose un parcours d’histoire de l’art placé sous le thème des contraires.

Le jour peint par Claude Monet entre ainsi en résonance avec la nuit de Vincent Van Gogh, la ville d’aujourd’hui (Paris, par Alain Bublex) versus la campagne d’hier (de Jan Brueghel l’Ancien et Joos de Momper le Jeune) ; rire (à gorge déployée, comme dans cette peinture Hats-06 de Yue Minjun) ou pleurer (comme sur cette photo de Vivian Maier) ? Monter / descendre, sucré / salé, chaud / froid, gros / mince, couché / debout, vieux / jeune, ensemble / seul, net / flou, à l’endroit / à l’envers, devant / derrière… Andy Guérif, l’auteur de ces confrontations d’œuvres du passé et du présent, fait preuve d’humour, d’imagination, de savoir et savoir-faire tout à la fois pour trouver le tableau qui illustre à merveille le contraire de son vis-à-vis !

Le parcours artistique proposé aux tout-petits est d’une richesse inouïe, et rencontre de manière très créative cette notion fondamentale de l’apprentissage que sont les contraires. Si vous le parcourez, vous ne me pourrez pas dire le contraire… 

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La BBthèque vous souhaite d’excellentes lectures artistiques, à prolonger le cas échéant avec d’autres ouvrages tip top d’éveil artistique pour les tout-petits : vous trouverez la sélection BBthèque idoine ici !

 

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Les légumes en culottes

C’est l’été toujours, la saison idéale pour s’en tenir aux petites tenues et, pour les plus grands des bébés, se séparer des couches… Non !? Eh bien Jared Chapman a eu une idée désopilante à ce sujet : mettre en scène des légumes en culottes* ! De mémoire de BBthèque, aucun auteur-illustrateur n’avait pensé à habiller et à déshabiller un brocolis, ni à mettre en scène des légumes culottés ainsi !

Les légumes en culottes

de Jared Chapman

aux éditions Hélium

Légumes au pluriel, culottes aussi. Culotte rouge pour le narrateur, le brocolis : « JE porte des culottes ! ». Bleue canard pour sa comparse l’aubergine : « Tu portes des culottes », etc. « On porte TOUS des culottes ! ».

Tout est passé en revue : les types de sous-vêtements (caleçons, slips, boxers…), les tailles (en fonction du taux de recouvrement du légume qui le porte), leur état (propre/sale), leur âge (neuf/vieux), leurs motifs voire leur standing (culottes sérieuses vs culottes rigolotes), leur genre (fille / garçon) ! A chaque individu mais aussi à chaque jour sa culotte… Et ce qui est aussi bien rigolo, c’est que la culotte, on sait qu’on l’a, et dans le même temps, les autres souvent ne la voient pas sous nos vêtements : elle est cachée ! Et pssst, notez bien, les couches ressemblent à des culottes… mais n’en sont pas… NA !

A destination des bébés encore en couches notamment, ce livre constitue à la fois un argumentaire pro-culottes et un véritable mode d’emploi du port de culotte… à mourir de rire, en plus des belles qualités ludiques et pédagogiques de cet album excellemment original — il est question des jours de la semaine, des contraires, de l’individu et de la collectivité, de l’hygiène, de l’intimité mais aussi de s’habiller en société, etc. le tout avec un beau défilé de légumes très souriants (qui présente au passage l’avantage de rendre les légumes sympathiques itou également aux tout-petits) !

Vous ne me croyez pas ? La preuve en vidéo ! Vive les légumes et vive les culottes…

*vegetables in underwear en VO

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Les contraires de Pittau & Gervais

Pittau & Gervais sont de retour dans la BBthèque au Seuil Jeunesse avec un premier documentaire, anthologie des contraires (72 pages s’il-vous-plaît) sobrement intitulée Les contraires, où ils déclinent pour illustrer cette notion… toute une troupe d’éléphants :

L’éléphant en creux d’abord sur la couverture du livre, qui constitue un excellent pochoir éléphantesque à qui pourrait en avoir besoin. Et puis le dessin d’éléphant qui est contenu dedans. Grand. Petit. C’est d’ailleurs avec ces deux mots que démarre la série des contraires, et le défilé de trompes… avec tout un tas de variations fantastiques autour du dessin d’éléphant.

Large/Etroit, Long/Court, Devant/Derrière… le duo d’auteurs s’amuse avec le duo d’éléphants, et tout ce que cette donnée permet de réaliser conceptuellement et graphiquement : oppositions entre les notions, points de rencontre, lignes de séparation, positions, volumes, formes, ajout, retrait, habillage, transformation…

L’humour comme le jeu lient les double-pages entre elles (une double page : un mot et son contraire), donnant lieu à une lecture riche, à plusieurs niveaux : l’enfant découvre des mots, des notions, des oppositions qu’il peut dire et redire et qui s’appliquent à l’occasion parfaitement au modèle pris, soit des éléphants dans la vraie vie, mais le plus souvent n’ont rien à voir (mais alors rien du tout) avec les éléphants (vous avez déjà vu un éléphant bouché ? ou un éléphant débouché ?). Et pourtant ce sont des éléphants qui vont donner l’exemple… parce que des éléphants, c’est connu, c’est visible, c’est marrant (et ça trompe énormément). En plus, ils ont d’excellentes bouilles, ces éléphants. L’enfant s’y attache (énormément). Et ils sont malléables, façonnables, alors on en redemande (forcément).

La démarche adoptée fait recette auprès des tout-petits comme des plus grands : elle développe à merveille l’éveil des jeunes lecteurs, sollicités bien au-delà d’une approche basique des contraires, tant par la richesse, la diversité voire la complexité du vocabulaire notions abordées, que par leur représentation ludique stimulant les capacités de compréhension mais aussi de déduction des enfants.

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A cat out of the box

Lumière aujourd’hui sur, dixit la quatrième de couverture, « un drôle de livre qui joue au chat et à la souris avec toutes sortes de boîtes en jonglant avec les contraires » : je n’aurais pas mieux dit… tout un programme pour ce joueur de chat… et le bébé lecteur qui joue avec lui !

Petite boîte,

grosse boîte

de Caryl Hart & Edward Underwood

L’album, grand format, publié aux éditions Circonflexe, est illustré avec des dessins sobres et drôles, comme des gags en pagaille avec effet boule de neige, mettant en scène… des boîtes et un chat, qui passe de l’une à l’autre en les comparant (grand / petit, géant / minuscule…, quelles couleurs, quels motifs, quels formats), en les testant (je peux monter dessus => elle est solide ; elle s’écrase sous mon poids ? => pas tant que ça ; oups cette boîte là me fait glisser), en se les appropriant (ma boîte n’est pas ta boîte, et vice-versa ; celle-là est chouette pour dormir et même ronfler, cette autre pour marcher, cette troisième pour se couvrir avant de sortir, cette quatrième pour me planquer), en interagissant avec d’autres amateurs de boîtes (mais qu’y a-t-il dans cette boîte à trou ? une souris !!! à pourchasser… ou à aimer dans le cadre d’une nouvelle amitié… c’est dans la boîte mesdames et messieurs, monsieur le chat et dame souris sont désormais amis !!).

Un parcours haut en couleurs et tellement drôle, qui permet d’aborder énormément de notions avec les jeunes lecteurs : l’un et le multiple, les différences et les contraires, les conséquences de nos actes, tout ce qu’on peut faire avec des boîtes, le pouvoir du jeu & de l’expérimentation, mais aussi de l’observation, de l’analyse et de l’imagination, être un ou… deux, interagir avec les objets et avec autrui. Psst… pour feuilleter les premières pages de cette histoire, rendez-vous ici : https://www.circonflexe.fr/catalogue/eveil/grosse-boite-petite-boite !

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Imagier caché

Après l’imagier mouvementé, voici l’Imagier caché

de Véronique Joffre aux éditions Thierry Magnier !

Un très beau livre-jeu tout cartonné qui joue à coucou-caché avec le bébé : grâce à un système de rabats, le tout-petit dévoile ce qu’il ne voit pas tandis que l’adulte prononce le terme correspondant à la petite grande découverte… Sous les plantes, ainsi, les abeilles récoltent et les limaces festoient ; en hiver l’ours hiberne sous la neige et sous la terre pour trouver un peu de chaleur, tandis qu’en été dans le désert, sous le sable se tapit le renard pour trouver un brin de fraîcheur ; le faon se construit, derrière les herbes, un abri, tandis que le félin se cache aussi derrière la broussaille, mais en embuscade ; la cachette des uns (les écureuils) fait la trouvaille des autres (les sangliers)… quelques images, mais dommage, pas de ce qui se cache sous l’image (ah de l’intérêt de tenir un ouvrage dans ses mains !) en cliquant sur cet extrait :

Vous l’aurez compris, ce premier documentaire plein de surprises va bien au-delà du simple imagier… il frise l’encyclopédie : ici, le jeune enfant enrichit son vocabulaire et sa connaissance du monde, tant l’auteur-illustrateur ne se contente pas d’illustrer et de nommer les mots de tous les jours, mais met en scène des animaux en train d’agir dans leur environnement, un vrai petit théâtre de la nature, invitant les tout-petits à observer et respecter l’environnement. De plus, chaque image fonctionne par paire avec sa voisine, pour générer encore plus de sens : au bébé lecteur de comprendre les liens unissant ces images-miroir dynamiques… s’opposent-elles ? se complètent-elles ? est-ce du pareil au même ? ou chaque situation est-elle unique ?

Mention spéciale, enfin, à la double page qui décrit les parents :

  • sur ma gauche, le papa manchot, qui couve l’œuf pondu par sa femelle
  • sur ma droite, la maman poule, qui couvent aussi ses œufs !