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Les contraires de Pittau & Gervais

Pittau & Gervais sont de retour dans la BBthèque au Seuil Jeunesse avec un premier documentaire, anthologie des contraires (72 pages s’il-vous-plaît) sobrement intitulée Les contraires, où ils déclinent pour illustrer cette notion… toute une troupe d’éléphants :

L’éléphant en creux d’abord sur la couverture du livre, qui constitue un excellent pochoir éléphantesque à qui pourrait en avoir besoin. Et puis le dessin d’éléphant qui est contenu dedans. Grand. Petit. C’est d’ailleurs avec ces deux mots que démarre la série des contraires, et le défilé de trompes… avec tout un tas de variations fantastiques autour du dessin d’éléphant.

Large/Etroit, Long/Court, Devant/Derrière… le duo d’auteurs s’amuse avec le duo d’éléphants, et tout ce que cette donnée permet de réaliser conceptuellement et graphiquement : oppositions entre les notions, points de rencontre, lignes de séparation, positions, volumes, formes, ajout, retrait, habillage, transformation…

L’humour comme le jeu lient les double-pages entre elles (une double page : un mot et son contraire), donnant lieu à une lecture riche, à plusieurs niveaux : l’enfant découvre des mots, des notions, des oppositions qu’il peut dire et redire et qui s’appliquent à l’occasion parfaitement au modèle pris, soit des éléphants dans la vraie vie, mais le plus souvent n’ont rien à voir (mais alors rien du tout) avec les éléphants (vous avez déjà vu un éléphant bouché ? ou un éléphant débouché ?). Et pourtant ce sont des éléphants qui vont donner l’exemple… parce que des éléphants, c’est connu, c’est visible, c’est marrant (et ça trompe énormément). En plus, ils ont d’excellentes bouilles, ces éléphants. L’enfant s’y attache (énormément). Et ils sont malléables, façonnables, alors on en redemande (forcément).

La démarche adoptée fait recette auprès des tout-petits comme des plus grands : elle développe à merveille l’éveil des jeunes lecteurs, sollicités bien au-delà d’une approche basique des contraires, tant par la richesse, la diversité voire la complexité du vocabulaire notions abordées, que par leur représentation ludique stimulant les capacités de compréhension mais aussi de déduction des enfants.

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Les contraires… à l’endroit comme à l’envers !

Lumière aujourd’hui sur une perle de la littérature jeunesse, rééditée chez Thierry Magnier cette année en format carré tout cartonné : A l’endroit comme à l’envers, de Menena Cottin. Un livre, noir & blanc et une touche d’orange, à lire à l’endroit… mais aussi à l’envers, pour saisir un mot… et son contraire !

endroit envers menena cottin

Par son graphisme intelligent, porté par des contrastes de couleurs saisissants (ah… le noir et blanc et les petits enfants), Menena Cottin offre aux tout petits une expérience de lecture visuelle inédite : chaque double-page propose en effet une illustration dont le sens diffère selon la manière dont le bébé lecteur manipule le livre ! avec, en orange, des mots pour exprimer les tournures de langage désignant les opposés ainsi illustrés. En passant de l’endroit à l’envers et vice & versa, on passe en revue les contraires :

  • début ou fin d’un trait tracé au crayon
  • 10:10 ou 04:04 dit l’horloge selon comment on la prend
  • en haut ou en bas, désigne le doigt
  • flotter ou couler pour le bateau chahuté
  • printemps ou automne selon que l’arbre produit ou perd ses feuilles
  • été ou hiver selon que la plante pousse ou hiberne
  • monter ou descendre tel l’avion en vol
Un imagier design, original et ludique, continuant d’éveiller le sens de l’observation des jeunes lecteurs tout en les mettant à contribution pour construire le sens des premiers mots de tout horizon qu’ils apprendront : ici, les saisons, les verbes d’action, mais aussi quelques notions un peu plus abstraites… Quelques images ici-bas (si vous lisez cet article sur tablette, vous pouvez toujours tenter de retourner l’écran ^^) :
debut finen haut en basheures