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3 gibbons, 1 colibri & 1 chanson

Connaissez-vous les Trois Gibbons de Kenji Abe ? Ces trois personnages, déjà présentés ici dans la BBthèque, invitent les jeunes lecteurs, dans une série de beaux albums publiés par les éditions MeMo, à partager avec eux leur riche quotidien, qui marie routine et événements surprenants, à l’image de l’opération de sauvetage d’un bébé crocodile. D’aventure en aventure, ces êtres responsables et volontaires font l’expérience de la relation à l’autre et développent un état d’esprit ouvert et solidaire, comme à l’occasion de cette rencontre avec une nouvelle amie, à plumes cette fois-ci :

Les Trois Gibbons

et la chanson du colibri

de Kenji Abe

trois gibbons chanson colibri kenji abe

Dans ce nouvel épisode, Ibbon, Nibbon et Sabbon croisent le chemin d’une petite femelle colibri (toute jaune), emportée par une tornade et désormais loin des siens, rompue de fatigue et littéralement perdue. « Comment faire » ? se demandent les trois comparses, question qu’ils s’étaient posée de la même façon pour sauver un petit mâle crocodile (tout vert) dans un épisode précédent. Même objectif : ils veulent aider cet être en détresse, et s’en donnent les moyens.

Les voici sillonnant l’océan, avec la demoiselle colibri, sur un bateau à voile (coque jaune, voile blanche), s’enquérant sur chaque île qui abrite des colibris : est-ce l’île de notre colibri ? … Jusqu’à eux-mêmes se retrouver dans la situation de leur amie : fatigués et perdus. Impasse ?

Rebondissement ! Une deuxième voie est possible, ouverte cette fois-ci par la colibri, qui ne se doute pas que son action va se muer en solution ! En effet, observant le sommeil gagner ses protecteurs gibbons, la petite colibri se met à chantonner, pour les bercer, un air de sa composition. L’air est entendu par l’un(e) de ses pairs qui, au vol, l’apprend instantanément et reproduit le chant. Une chaîne musicale se constitue dans le ciel, jusqu’à venir aux oreilles des parents de l’oiselle égarée ; ils parviennent à reconstituer la chaîne et retrouver leur enfant. Comme un geste de réciprocité et de remerciement, le chœur des colibris guident ensuite les trois gibbons pour leur permettre de rentrer eux aussi dans leur maison.

Mettant en scène les aspects positifs de la propagation d’une information, cet album se distingue par son propos, généreux et confiant dans la construction de liens sociaux, et son graphisme expressif et épuré. Il se rapproche d’un conte initiatique, dont la lecture fait grandir les enfants. Quelques extraits à découvrir par ici sur le site de l’éditeur !

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Chut vs Boum-boum : une histoire de voisins

Je vous présente aujourd’hui un joli album pour les plus grands des bébés, qui met en scène deux lapins que tout sépare… hormis le fait qu’ils deviennent, pour le meilleur et pour le pire… voisins :

A l’origine, il y avait un lapin qui habitait seul (dans une maison en bois perchée tout en haut d’un arbre). Ce lapin-là aimait être tranquille et calme, son moment préféré était la nuit quand tout le monde est endormi, tant le moindre bruit l’importunait considérablement pour ne pas dire démesurément : CHUT criait-il de plus en plus souvent à tout bruit à son sens inconvenant. Dommage pour ce lapin-là, son nouveau voisin n’était pas du tout son semblable. Ce lapin-ci aimait la fête, la musique, les amis, le bruit… la vie. Conflits d’intérêts garanti. Meilleurs ennemis.

Oui, mais… il arrive un moment où ce lapin-là vit un drame (sa maison détruite), et qui est là ? Ce lapin-ci ! Ce lapin-ci qui va aider ce lapin-là à rebâtir son toit, reconstruire sa vie. Les deux lapins apprennent à se connaître et à devenir… bons voisins et même amis. Ils mettent même en place un pont pour se rendre chez l’un, chez l’autre ; et quand de nouvelles maisons apparaissent, les passerelles entre les habitations se multiplient.

Chut ! : une histoire, signée Morgane de Cadier et Florian Pigé aux éditions HongFei Cultures, sur l’apprentissage de la vie en société, en même temps qu’elle peut aider les bébés lecteurs, par mimétisme, à gérer leurs fortes émotions : réussir à identifier l’insatisfaction, la colère ; surmonter peu à peu cet état d’énervement ; laisser place à un sentiment plus apaisant et constructif… le contentement… voire le bonheur, qui pointe, plus vite souvent qu’il n’y paraît, le bout de son museau.

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Mini contes pour mini maxi lecteurs

Il y a quelques mois, je publiais un post par ici qui traduisait une quête de premiers contes pour tout-petits… Quelle nouvelle bonne surprise, depuis, que la toute nouvelle collection « Mini Contes » conçue par Attilio et éditée chez Gallimard Jeunesse en 2018… qui permet d’introduire les contes presque dès le berceau ! Elle s’ouvre avec quatre des contes les plus célèbres au monde :

Les couvertures de ces albums tout-cartonnés, petit format carré, représentent très bien les livres eux-mêmes : des dessins simples et modernes, sur un fond blanc, et qui vont raconter, avec des phrases simples et modernes, les contes les plus classiques, le tout servi par un ton joyeux et dynamique.

On retrouve complètement l’esprit originel de ses contes dans ce travail, effectué avec brio par Attilio Cassinelli, d’adaptation de leurs contenus à l’environnement actuel des tout-petits. Ou comment partager avec les plus jeunes la substantifique moelle du patrimoine ancestral en respectant l’esprit mais pas la lettre, réussir sobrement et dans la bonne humeur à faire passer aux enfants présents les messages d’hier et de demain… par l’entremise de petites histoires, mini contes, mine de rien.

Exemple avec Le vilain petit canard :

C’était l’été, le soleil resplendissait.

Maman cane regardait ses petits à peine nés. L’œuf le plus gros n’avait pas encore éclos.

Finalement, l’œuf se brisa. Le dernier petit canard sortit et tous se mirent à marcher à la queue leu leu.

Le petit dernier, qu’on désigne comme le vilain petit canard, est tant et tant rejeté qu’il s’isole jusqu’à s’endormir dans une tanière l’hiver. Quand il se réveille au printemps, il s’est réconcilié avec lui-même et a trouvé ses pareils : laissons le temps au temps, ce vilain petit canard là n’était ni vilain ni canard, mais cygne en devenir, bel oiseau parmi les siens.

Je ne peux que vous conseiller de prendre en main et de partager avec vos mini bambins ces mini contes qui concentrent en eux un maximum de qualités !

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Bouh, c’est dégoûtant ! Ou pas !

Voici deux cochons :

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Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ils sont très différents. L’un, ou plutôt l’une, Patricia, « aime s’étendre de tout son long dans la boue ». L’autre, Edouard, pense « Bouh ! c’est dégoûtant », lui-même préférant « plonger museau en amont dans la boue », ce que, bien évidemment Patricia trouve tout aussi « dégoûtant ».

L’album Bouh ! c’est dégoûtant, signé Megan Rose Wall (textes et illustrations à la peinture à l’eau) chez Hélium, met ainsi en scène, de page en page, deux façons d’être mais aussi deux regards portés sur l’autre par chacun de ces jeunes et fougueux cochons, qui semblent n’être d’accord sur rien… sauf, au final, l’essentiel : leur amour de la boue qui fonde leur amitié !

Jusqu’à ce qu’un troisième larron, sans doute plus adepte de la propreté, s’en mêle, et pense en les regardant : « Bouh, c’est DEGOUTANT ! »

Un album rigolo à lire avec les jeunes lecteurs, qui s’amuseront à trouver également dégoûtant cet amour de la boue quelle que soit la forme qu’il prend, et liront entre les lignes l’apprentissage de la singularité individuelle, des échanges et partages dans une communauté, allant du respect d’autrui à l’amitié.

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PS : l’éditeur, Hélium, n’ayant pas encore publié d’images de ce livre, les illustrations de cet article sont empruntées du tumblr de l’auteur, anglophone : http://meganroseillustration.tumblr.com