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Sens et essence de l’art… expliqués aux tout-petits

Pour ouvrir l’année en beauté, la BBthèque vous présente ce jour un ouvrage d’éveil artistique, publié aux éditions Phaidon et conçu par Tamara Shopsin & Jason Fulford :

L’art sens dessus dessous 

Pourquoi ce titre ? Parce que le bébé lecteur est invité par les concepteurs de l’ouvrage à manipuler dans tous les sens ce livre-objet tout cartonné :

Viens voir ! Regarde bien, regarde en haut, regarde en bas, de près, de loin, et même derrière toi.
Surtout, ne t’arrête jamais de regarder !

Huit ensembles d’œuvres modernes — issues des collections du Whitney Museum de New York — sont ainsi montrées aux bébés lecteurs :

  • la sérigraphie Noir et blanc kaléïdoscopique de Carmen Herrera (2009) qu’on peut regarder indifféremment (ou pas) à l’endroit ou à l’envers
  • la sculpture Femmes et chien de Marisol (1963-64) dont on peut faire le tour pour apprécier les multiples représentations et volumes
  • la série Flowers d’Andy Warhol (1970) dont les motifs restent identiques quand les couleurs varient
  • la photographie d’un dessin de rue réalisé au sol par des enfants, signée Helen Levitt (vers 1940), à regarder par terre
  • un mobile d’Alexandre Calder, Grand rouge (1959), à regarder en l’air
  • un tableau explosif (1967) de Roy Lichtenstein à observer de près et de loin
  • la démarche de photographies / autoportraits de Cindy Sherman (née en 1964) que le bébé lecteur est invité à essayer grâce à un dispositif de miroir inséré dans le livre
  • l’oeuvre d’art mystère, avec la démarche de Christo qui, avec Paquet sur un diable (1973), créé un objet et l’enveloppe sans jamais dire ce que c’était… avant de l’exposer dans un musée !

La lecture de cet ouvrage est une expérience à part pour les tout-petits : d’une part, elle met en jeu leurs facultés d’observation ; d’autre part, elle développe les liens entre l’œuvre (photographie, sculpture, arts plastiques…) produite par un.e artiste et sa réception dès le plus jeune âge, en se fondant sur le geste de l’artiste mais aussi du spectateur : prendre connaissance d’une œuvre d’art, c’est ainsi pour le tout petit spectateur une action dans laquelle il s’implique d’une façon ou d’une autre, à laquelle il participe devenant ainsi spectacteur ; cette démarche lui pose des questions, ouvre des portes, renouvelle le regard qu’il peut porter, sur l’art, mais aussi sur le monde qu’il représente. Enfin, la lecture de cet ouvrage donne, in fine, une mine d’idées d’activités créatives à réaliser avec les tout-petits… artistes !

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Dessiner le monde avec 6 formes

1 gabarit de 3 x 2 = 6 formes et le monde s’ouvre à toi : voici en substance et en pratique ce que Bastien Contraire dit et montre au bébé lecteur dans son livre d’éveil artistique Bleu sourire, paru aux éditions du Centre Pompidou :

bleu sourire bastien contraire.jpg

La page de couverture ainsi que la quatrième de couverture sont des pages toute cartonnée à trous, pour permettre au jeune lecteur d’explorer, y compris avec les doigts, ces trois-fois-deux-font-six formes originelles/originales & monochromes (rose, rouge, bleu, vert, jaune et encore rose) :

  • au recto : un rond, un arc & un demi-ovale
  • au verso : un chapeau, un triangle et deux ronds superposés

que l’ouvrage, tout cartonné, va décliner, comme un imagier improvisé, un imagier à continuer.

« Qu’est-ce que c’est ? » Ce que l’auteur-artiste veut, ce que le bébé lecteur voit, ce que le bébé lecteur dessine et représente à son tour ! Par exemple, un rond peut se faire soleil, montgolfière, glace, fleur, pomme, planète, tête ou ballon ! La forme de l’arc, quant à elle, servir de point de départ au dessin d’un pont, d’un pantalon, d’un éléphant, d’une route, d’un serpent, d’une coquillette ou encore d’un arc-en-ciel…

De double-pages en double-pages, les images ainsi constituées à partir des gabarits ou pochoirs regorgent de couleurs et sont accompagnées du lexique adéquat : une image = un mot. En outre, chaque double-page propose ainsi une scène plus ou moins cohérente (image A + image B + image C…), plus ou moins farfelue (B et C se correspondent oui, mais A, que vient-il faire là ?), mettant des objets ou êtres vivants en résonance les uns avec les autres, et invitant l’enfant à reconnaître les figures, leurs significations mais aussi les formes à partir desquelles elles ont été créées.

Ou comment passer de la forme élémentaire aux formes complexes, comment représenter le monde qui nous entoure… et faire fonctionner à plein tube notre imagination. A partir d’une figure unique, créer le multiple, se jouer des répétitions et des variations. Un livre d’activité riche et élaboré, pour les vacances d’été et puis aussi tout le long de l’année.

 

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Micha au cirque

Lumière sur un album très graphique sur l’univers du cirque, signé Isaure Fouquet aux éditions MeMo, qui présentent en ces termes cette illustratrice-plasticienne :

Isaure Fouquet […] crée un bestiaire enfantin et symbolique peuplé d’animaux hybrides et singuliers. Inspirée par les civilisations anciennes, l’art primitif, Picasso ou encore Le Douanier Rousseau, elle développe une poésie graphique et chimérique.

Micha au cirque

MIcha est un (drôle de) chat (mi animal, mi homme… ?) qui se lance dans des aventures acrobatiques, en tombant nez-à-nez, à l’occasion d’une promenade, sur une camionnette de cirque ! Aussitôt, il emboîte, enthousiaste, le pas d’un zèbre, pénètre dans le chapiteau, et découvre, souple et agile de corps et d’esprit, les jeux circassiens en s’y essayant bon an mal an au(x)…

  • trampoline : hop !
  • trapèze… balèze
  • jonglage (5 balles)
  • jeux d’équilibriste avec un ballon
  • monocycle
  • (mini) piano
  • haltères… oh hisse…
  • au cerceau… hulo hoop !
  • au cercle de feu… chaud !

Chaque double page présente ainsi, de façon très visuelle (trois couleurs : rouge, noir, blanc), y compris le brin de texte souvent accompagné d’onomatopées, un numéro de cirque effectué par l’artiste circassien improvisé, qui décidément n’a peur de rien et se débrouille, d’ailleurs, plutôt bien… Le voici, ce MIcha, endosse tous les rôles l’un après l’autre, découvrant par l’acte les métiers du spectacle, jusqu’à se vêtir des habits du maître de cérémonie, pour, précisément, clore, par un beau discours, cette (drôle de) représentation !

Un album simple et beau (quelques images à découvrir ici), jouant à fond la carte de l’investissement à 100%, mais aussi de l’immersion, de l’imitation et de l’apprentissage ou acquisition de compétences vitesse grand V, pour et par les bébés lecteurs, spectateurs et acteurs… qui, à cet âge, expérimentent comme MIcha, corps et âme, avec autant de plaisir que de sérieux, absolument tout par le jeu… !