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Papa pas à pas

Lumière sur un album tendre et lumineux mettant à l’honneur la relation naissante papa-enfant, écrit par Philip Waechter, adapté en français par Bernard Friot et publié chez Milan Jeunesse en 2009 :

Papa pas à pas

papa-pas-a-pas-waechter

– Tu n’as pas l’impression de trouver tous les bébés mignons ?
– Non, seulement le mien. 

Ou comment un père — la mère apparaît quelquefois aussi, mais ici, c’est la figure aimante du père qui est au cœur du propos — fait connaissance avec ce nouveau petit être grandissant qu’est son enfant : la naissance du bébé — et de manière concomitante celle du parent —, le retour à la maison, le rituel du dimanche (lire les journaux), la gestion du mal de ventre, les balades les mauvais jours comme les bons, la relaxation, les casse-croûtes, les premières conversations — « bbbllleuuubbbllleuuu » vs « bbbllleuuubbbllleuuu »…—, la maladie et la guérison, les matchs de foot à la radio, la séquence purée à la betterave ou la sortie chaotique au restaurant, les bébés nageurs, le bac à sable, la sieste à l’ombre de l’arbre…

Succession de scènes de cette nouvelle vie quotidienne, portée par des illustrations épurées et des mots tout simples : pour chaque page, le titre éventuel de la saynète virant parfois au sketch, le dessin la représentant, un dialogue, une description… comme un récit illustré tendant vers la bande dessinée, un peu à la Sempé.

Or donc…

Elle est pas belle la vie ? 

conclut le jeune père en s’adressant à son enfant souriant, déjà un peu plus grand, qu’il prend dans ses bras tout en continuant de marcher, poursuivant pas à pas son devenir de papa.

 

 

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Mini & Mahousse, Mahousse & Mini

Un album ingénieux aujourd’hui dans la BBthèque, livre deux-en-un co-signé Jean Leroy (texte) et Giulia Bruel (illustrations) à l’Ecole des loisirs, dans la collection Loulou & cie qui vient donc s’enrichir de deux nouvelles recrues : mon ami Mahousse (titre du livre) et mon ami Mini :

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En mode recto, lumière sur… l’ami Mahousse, et pas n’importe quel AMI : MON ami, l’ami de Mini, celui qui est MAHOUSSE… Mahousse, non pas comme la souris, mais comme l’imposant éléphant. Et l’ami de l’éléphant, moi donc, aka le narrateur de ce versant de l’histoire, je suis… un tout petit singe, je m’appelle Mini. 

En mode verso donc, lumière sur… l’ami Mini, et pas n’importe quel AMI : MON ami, l’ami de Mahousse, celui qui est MINI !

mon-ami-mini-jean-leroy

Comment se li(sen)t ce(s) livre(s) ? Le bébé lecteur suit d’abord le point de vue de Mini, dressant le portrait de ce en quoi Mahousse est son ami, puis le remerciant de tout ce qu’il fait au quotidien et en continu pour lui, et lui souhaitant une bonne nuit. Arrivé à la moitié du livre, c’en est fini du point de vue de Mini ! Le bébé lecteur est invité à retourner le livre tout cartonné et à prendre la fin comme début, afin d’adopter désormais le point de vue de Mahousse sur son ami Mini : les mots décrivant leur amitié sont identiques à la lettre près, seules les illustrations apportent quelques nuances du fait de la singularité de chaque ami. Ou alors, pourquoi pas lire le livre dans l’autre sens, parce qu’en fait, ce qui est chouette, c’est qu’ici ça revient strictement au même !

Le tout forme une très belle histoire sur l’amitié entre deux êtres différents reposant sur des principes sains et vitaux d’échanges, de partages, de vivre ensemble-et-en-commun, mais aussi de complémentarité et de réciprocité. Car chacun à sa façon :

  • protège l’autre de la pluie
  • lui joue de la musique
  • lui apporte son goûter
  • l’aide à faire sa toilette
  • lui lit une histoire pour s’endormir !

Et au-delà, l’illustration d’un rapport à l’autre… fondamentalement universel, La Fontaine ne nous contredira pas : les touts-petits sont certes portés par l’amour des grands qui les élèvent, mais en tant que grand, on a aussi souvent…, toujours…, besoin d’un plus petit que soi.

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Oh dodo !

Au dodo… oui, mais en musique svp, pour mieux dormir et rêver ! Tel est le programme annoncé d’Oh ! dodo, le nouveau titre d’éveil musical paru dans la collection Les bébés braques, après Oh les pieds et Oh les mains pour bouger son corps dans la journée… il était temps en effet, à l’heure de se coucher, de se reposer, non sans être bercé :

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Le concept transmédia [texte, image, son et vidéo] n’a pas changé : 1 livre tout cartonné comprenant 10 chansons (standards mais aussi découvertes), textes et illustrations mais aussi…

  • 1 CD de 10 titres, pour écouter les mélodies et les chants, avec Jacques Haurogné au chant, Maud Legrand aux dessins, Olivier Delevingne à la réalisation ;
  • 1 playlist youtube , complément visuel ici tout doux, tout doux (très belles animations… donnant vie aux illustrations !)… Petit exemple :
  • et 1 application, « Oh ! les braques », reliant le livre aux vidéos par l’entremise de votre téléphone intelligent, tablette, etc.

En bref, une ressource riche pour envelopper de musiques la mise au lit des tout-petits !

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Bonjour, les animaux

Une bonne nouvelle pour les amoureux de la nature, Anne Crausaz est de retour dans la BBthèque avec un nouvel album, encore et toujours de toute beauté, aux éditions MeMo, collection Tout-petits memômes :

bonjour, les animaux

bonjour les animaux anne crausaz.jpg

Un livre de format carré et grand (idée de génie pour les sublimes illustrations… jeux de cadrages et effet grandeur nature saisissant !) donnant la parole à un jeune enfant vivement intéressé par les animaux qui l’environnent : ces bêtes plus ou moins familières font ici individuellement, page après page, l’objet d’un portrait et d’un dialogue avec le tout-petit narrateur et donc le tout petit lecteur…

Le point de départ de cette promenade animale :

  • dès le saut du lit, à la maison, les animaux de compagnie :
    • « bonjour, mon chat » qui mi-assoupi ouvre un œil tout en agrippant une pelote de laine
    • « au revoir mon chien », déjà debout, prêt à suivre son maître, « aujourd’hui, je ne peux pas t’emmener »
  • la rue et sa peuplade coutumière :
    • « pas le temps de m’arrêter, les pigeons. je vais au zoo ! »
    • idem pour le moineau
  • le zoo et ses animaux sauvages… mais ici jamais représentés en cage :
    • « bonjour les canards » 
    • « bonjour, l’autruche »
    • … les chimpanzés !
    • le porc-épic… pas très avenant…
    • le crocodile… souriant à pleines dents ?
    • la panthère… un gros chat ?
    • la lionne et son bonhomme, les rois des rois
    • les ibis, rouges et blancs, si élégants
    • le renard… et son timide petit
  • puis de rechef, la rue : les pigeons et le moineau, toujours au rendez-vous, ainsi que les fourmis !
  • retour enfin à la maison dans la soirée, retrouvailles avec chien et chat.

Quelle aventure enthousiasmante ! L’enfant fait fi de toute peur, liant naturellement le connu et l’inconnu, et passant de l’un à l’autre sans aucun souci. Chaque rencontre se traduit, dans l’album, par une image, les dessins illustrant ici le point de vue de l’enfant, et un bref commentaire, le détail le plus marquant toujours aux yeux de l’enfant. Au-delà, le tout-petit s’adresse aux animaux : il les salue — bonjour —, les observe et avec empathie les questionne — « bébé renard as-tu peur ? moi aussi quelquefois » — s’identifiant de-ci de-là à ces êtres qui partagent nombre de nos préoccupations : se lever, se déplacer, se cacher, sourire, râler… manger… et, mais c’est bien sûr… dormir, après une journée si remplie !

Or… donc… à l’heure du coucher… que de nouveaux camarades à qui souhaiter la bonne nuit… L’énumération est longue… ! Engendrant des jeux de répétition idéals pour une lecture du soir. Et comme toute bonne histoire a une fin, le narrateur de conclure : … « bonne nuit, les animaux… bonne nuit, tout le monde ». Chut… zzzzz…. le livre se referme sur cette journée exceptionnelle. Et vous savez quoi ? Il suffira d’ouvrir ce livre, une prochaine fois, pour revivre cette folle journée !

Des extraits à découvrir en ligne ici : http://www.editions-memo.fr/bonjour-les-animaux !

 

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Imagiers photos animaux

Aux éditions Chocolat ! Jeunesse (si si si, c’est le nom de cette maison d’édition), il existe une série d’imagiers photos très sympa mettant en scène nos amis les animaux dans leur quotidien… finalement assez proche de celui des petits et grands humains !

L’idée de ces tout-cartonnés format carré, c’est de mettre en lumière les caractéristiques de la vie animale via le média photo, grâce à de belles prises de vue, captant des scènes de vie tour à tour familières, étonnantes, amusantes, émouvantes… Ici, les mots sont de trop : place à l’image, capture de la réalité — les seuls éléments de langage : le titre qui décline sobrement et efficacement le thème de la galerie de portraits, et, toujours sur un bandeau noir cadrant la photo, le nom de l’animal représenté !

En bref, une sortie livresque au zoo à petit prix (6,9 €) et au plus proche des préoccupations des tout-petits.

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Quand un enfant s’endort…

Ceci n’est pas un album, mais un livre à trous. Ceci n’est pas un livre (à trous) mais une affiche ! Ceci est… une publication hybride, solide, modulable, transformable… le tout pour servir un propos poétique et évanescent : les rêves des tout petits enfants ! Un ouvrage beau et original, sobrement intitulé Quand un enfant s’endort, cosigné Malika Doray et Annelore Parot au Seuil Jeunesse. 

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Dans cette histoire si onirique à lire et relire le soir, scoop, perché sur un arbre… un enfant (trop mignon) s’endort… et quand il s’endort… suspens… qu’advient-il ? Tournons la page : « quand un enfant s’endort… un petit rêve apparaît » ! Oui, sur la gauche à la cîme de l’arbre, l’enfant dort (ce n’est pas le cas de tout le monde alentour…), et sur la droite, le livre ménage une ouverture révélant l’objet de ce petit rêve : un chat !

« Quand un deuxième enfant s’endort… son rêve ne tarde pas à arriver ». Un autre petit dormeur ! Un autre rêve… Un drôle d’éléphant ?

« Quand un troisième enfant s’endort… son rêve pointe le bout de son nez… » Oh… une fusée !!

Peu à peu l’arbre du sommeil et de la vie se peuple d’enfants endormis, de doudous et bêtes bienveillantes à cette heure avancée plus ou moins vaillantes, tandis que, sur la page de droite, sont révélés des bouts de chacun de leurs rêves les plus fous ! Car finalement « quand tous les enfants sont endormis, tous les rêves sont réunis »… (non ?). Ce qui est sûr et certain, c’est que… « quand tous les enfants sont endormis… tout un monde entre en vie ! ». Cette leçon vaut bien un poster de rêves et rêveurs, sans doute !

Un album doux, aux couleurs de la nuit et de la vie, pour aborder sereinement le coucher à l’approche de la nuit. Un livre-comptine à dérouler et narrer comme une comptine, pour conter et compter, avec le(s) bébé(s), les rêveurs autant que les rêves, et apprendre à compter sur eux pour dormir sur nos deux oreilles et faire le plein de merveilles. Une ode tranquille aux imaginaires féconds des tout-petits enfants, jusque dans leur inconscient.

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Ronde indienne

Arrêt sur images, un très très beau livre que je vous présente aujourd’hui :

La ronde 

de Louise-Marie Cumont

éditions MeMo

la ronde louise-marie cumont.jpg

Inspirée par l’art populaire des kanthas, broderies d’anciennes pièces de tissus réalisées par des femmes bengalis à Delhi en Inde, savoir-faire transmis de mère en fille, de génération en génération, et donc aussi vecteurs de transmission de récits & mythologies, Louise-Marie Cumont met en scène l’enfant convoquant des kanthas et les comptant pour s’endormir, comme par chez nous on compte les moutons.

1, un kantha : un escargot…

2, deux kanthas… + un moustique ?

3, trois kanthas… + un félin !

4, quatre kanthas… + un animal-à-trois-pattes-et-des-ailes…

5, cinq kanthas… + un éléphant !

… 6, 7, 8 et 9 kanthas !

L’enfant ouvre la main et la créature fantastique d’inspiration animale apparaît, puis rejoint le décor, constituant l’environnement immédiat de l’enfant créateur de contenus. Au fur et à mesure de ce peuplement, de sa main libre puis de ses dix doigts, l’enfant compte ces conceptions : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9… et change de position — précédemment assis, le voici désormais couché, sur le ventre puis sur le dos pour mieux observer cet univers mêlant rêve et réalité, pour enfin le chevaucher, une fois embarqué, vraisemblablement, dans les bras de Morphée !

Une comptine muette, rituel d’endormissement possible et souhaité de l’enfant. Un premier récit doublé d’un bestiaire réduits graphiquement à leur plus simple appareil pour un symbolisme très évocateur : l’enfant, ses kanthas, son énumération — tout est dit. Bonne nuit… et bonnes épousailles avec les mille et unes créatures de la nuit !

…Pour en savoir plus sur l’univers artistique de Louise-Marie Cumont : http://www.editions-memo.fr/Cumont