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Eau, ciel & terre

Hommage aux éléments avec cette chronique, ancrée dans la nature ce jour, dans la BBthèque, sur quatre nouveaux livres tip top :

  • Hé, l’eau ! d’Antoinette Portis aux éditions Le Genevrier
  • Quelque chose de merveilleux, de Shin Sun-Jae et Emilie Vast aux éditions MeMo
  • Une pierre dans l’univers, de Brendan Wenzel aux éditions Kaléïdoscope
  • Pop corn, de Sarah Cheveau aux éditions Les Grandes Personnes

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Mon premier est un documentaire sur l’eau, dont le cycle est raconté du point de vue d’une petite fille de 3 ans, Zoé : « Hé, l’eau ! On se connaît ! Tu es partout. » Zoé, et le bébé lecteur avec elle, fait le tour des multiples occurrences de l’eau, le livre devient ici imagier : robinet, arroseur, douche, tuyau, ruisseau, bassin, flaque, goutte de rosée, larme, verre, etc. Et une fois que Zoé a terminé ce tour d’horizon, elle clame « Hé, l’eau, merci ! ». L’imagier est alors complété de 3 pages documentaires, pour présenter auprès des plus jeunes : les différents états de l’eau, le cycle de l’eau, et les enjeux de préservation. Un livre responsable et instructif.

Mon deuxième est le récit d’un arbre, raconté par l’un de ses habitants : le chêne, cette merveille aux yeux des écureuils. Au début de l’histoire, l’écureuil trouve un tout petit chêne de Mongolie, un bébé chêne, au pied de sa très grande maman chêne, sur les branches de laquelle l’écureuil peut grimper et atteindre des sommets. L’écureuil aime tout de cet arbre qu’il habite et qui l’habite en retour : les racines inscrites dans la terre, les fleurs comme le pollen du printemps, puis les glands qui feront naître de nouveaux chênes, le vent, le jaunissement des feuilles à l’automne, le refuge à l’intérieur du tronc pour passer l’hiver bien au chaud… Ce récit tout en poésie, attentif à la magnificence de l’arbre comme à ses moindres détails, dit aux tout-petits le prodige naturel d’un écosystème se répétant chaque année, quand revient le printemps. Un livre merveilleux.

Mon troisième est le poème d’une pierre… dans l’univers. « A sa place, éternelle, au cœur de l’univers, dans l’eau, l’herbe et la terre, reposait une pierre. Et la pierre est… » Cet album en format paysage, minéral s’il en est, raconte cette pierre, et, au-delà, l’univers à partir de cette pierre : le soleil quand elle fait de l’ombre mais aussi la lumière lunaire qu’elle réverbère, son silence mais aussi son bruit quand quelque chose vient la heurter et se casser contre elle ; sa matière et sa taille différemment perçues selon qui la fréquente, ses couleurs changeant au rythme des saisons et des heures ; etc. « Et la pierre est repère, carte, itinéraire […] La pierre est éphémère et la pierre est millénaire. » A la dernière page, l’auteur-illustrateur interroge le bébé lecteur : et toi, connais-tu une telle pierre ? Un livre repère.

Mon quatrième s’intéresse au ciel…, au cinéma et au pop-corn maison ! Sarah Chevreau, dans ce petit livre animé, format paysage, convie le bébé lecteur à un spectacle, et qui dit pestacle dit pop-corn… Sarah Chevreau commence par expliquer en préambule comment on fabrique le pop-corn : « Faire du pop-corn, c’est facile. Il suffit de mettre un grain de maïs dans une casserole et quand on entend…  Pop ! … c’est prêt ! » et le bébé lecteur de pouvoir toucher du doigts le pop-corn en volume. Ce préambule fait, Sarah Chevreau nous plonge dans la nuit et nous invite à nous installer confortablement et à lever les yeux au ciel : c’est l’étoile du berger qui apparaît en premier, puis petit à petit le ciel se peuple de mille et unes étoiles, que l’homme de tout temps se plaît à relier entre elles pour « dessiner des histoires ». Et, là, magie, le ciel se donne, non pas à déguster comme un pop-corn, mais à lire comme un pop-up : les feuilles se déplient pour donner à voir le ciel et les formes imaginées par l’homme, parmi lesquelles… la casserole. Qui nous ramène au pop-corn. Et si on s’amusait à appliquer aux étoiles la même recette que le maïs ? Voici qui fait pop, et encore pop, pop pop pop pop… dans le ciel ! Rires garantis, et le ciel se trouve enrichi de volumes évoquant, Sarah Chevreau n’a pas peur de le dire, la Voie lactée, avant que juste avant l’aube les étoiles ne s’évanouissent et que seule subsiste… l’étoile du berger. Un album événement — à vivre comme une séance de cinéma.

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Livres sur les émotions… et + encore

La BBthèque vous propose aujourd’hui un focus sur de nouveaux livres tip top qui parlent aux tout-petits de leurs premières émotions :

Mes premières émotions dans l’art

Mes premières émotions dans l'art - palette

Mon premier combine apprentissage de l’émotion et éveil artistique : chaque émotion ou sensation est illustrée, incarnée, représentée par une œuvre d’art. Chaque tableau reproduit sert en effet de prétexte pour évoquer et partager avec le tout jeune lecteur une situation imaginée liée à une émotion, un sentiment ou un état physique, exprimés également par des onomatopées et un court texte les décrivant :

  • la joie qu’on lit dans Les Rieuses (Charles Emile Auguste Carolis-Duran) — hi hi hi
  • la tristesse du Vieil homme dans la douleur (Vincent Van Gogh) — snif ! snif !
  • la surprise illustrée dans Time to play (Charles Burton Barber) — OH !!!
  • le dégoût transparaissant dans Gorgée amère (Adriaen Brouwer) — BEURK !!!!!

mais aussi la peur, la colère, la honte, la jalousie, l’amour, la sérénité, la douleur, la faim, la chaleur et la fatigue mis en sons, mots et images, dans une approche qui privilégie le dialogue, entre l’enfant et l’oeuvre d’art d’une part, entre l’enfant et l’adulte d’autre part : « et toi, qu’inventes-tu pour faire rire tes amis ? est-ce que tu sais que tu es un rayon de soleil pour eux lorsque tu leur apportes de la joie » ?

Pas de panique, petit crabe 

Pas de panique, petit crabe - Chris Haughton

Mon second est l’histoire d’une première fois, et de toutes les craintes qu’une première fois peut susciter : l’aventure d’un bébé (Petit Crabe), qui va passer un cap, en compagnie d’un adulte (Très Grand Crabe) qui va l’encourager et l’accompagner. « Petit Crabe et Très Grand Crabe vivent dans une simple mare. Aujourd’hui, ils ont décidé d’aller voire L’OCÉAN ! ». Perspective ô combien excitante. Le chemin est long (double page fournie et agrémentée de moult onomatopées), éprouvant mais aussi enthousiasmant : « Je peux aller où je veux » dit Petit Crabe. Quand les deux protagonistes arrivent au bord de la falaise, à deux pas de l’Océan… Vient l’heure de se jeter à l’eau. Panique à bord pour le jeune crabe, refroidi dans son élan, tentant de faire marche arrière. Son aîné le rassure tout en l’encourageant à surmonter sa peur : « Pas de panique, Petit Crabe, descendons juste un peu plus loin. Je pense que tu vas adorer. » A petits pas, calmement, doucement mais sûrement, les deux crabes trouvent le chemin adéquat pour pénétrer le grand océan… plonger et baigner dans le monde aquatique que le jeune crabe découvre complètement. La peur est maîtrisée, et même oubliée, vive la liberté !

Un album initiatique aux textes et illustrations magnifiques, à lire et relire avec les jeunes enfants.

Bienvenue Tristesse

bienvenue tristesse eva eland

Toucher la couverture du livre, pour commencer : ce monstre doux et vert-bleu matérialisant la tristesse, le tout jeune lecteur peut d’emblée le palper. Dans cet album sobre, pudique et poétique, un tout jeune enfant voit arriver à la porte de chez lui un (mal-)être qu’il n’avait pas anticipé : Tristesse. « Parfois, Tristesse arrive sans prévenir ». Tristesse pénètre dans la maison avec sa valise, l’enfant reste muet.. « Elle te tourne autour », Tristesse s’approche de l’enfant. « Elle s’assied à côté de toi », tout tout près, trop près. Tu veux la cacher, t’en séparer, mais elle est là, parfois même elle se confond avec toi. Si c’est comme ça, autant lui reconnaître son identité, lui parler, et l’écouter, vous pourrez mieux cohabiter… et vous séparer, le moment venu.

Un album touchant et marquant, à partager avec les tout-petits lecteurs quelle que soit leur humeur.

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Vous retrouverez **ici** la sélection « BBthèque » de livres sur les émotions à destination des 0-3 ans !

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Pause lecture, pause goûter

Lumière aujourd’hui sur un trio d’albums réjouissants, signés Anaïs Vaugelade à l’Ecole des Loisirs : Canards, Chatons et Mouche, qui ont (au moins !) quatre points communs

  • leur petit format, aisé à prendre un main
  • leur héros, Amir, petit blond auquel le bébé lecteur s’identifie facilement, et qui interagit avec…
  • des acolytes animaux : maman cane et ses canetons, maman chat et ses chatons, ou la mouche qui fait mouche !
  • une fin gourmande correspondant au moment réconfortant du goûter des bébés protagonistes voire des bébés lecteurs…

Amir est un jeune enfant très attentif à son environnement, avide de découvertes et d’échanges :

Canards

Dans cette adaptation à la sauce Vaugelade d’une comptine anglaise (psst dont il a déjà été question en son et images dans la BBthèque ici !), Amir ajoute son grain de sel : au bord d’une mare, une maman cane ; sur la mare nagent ses cinq petits canards. Le décompte commence :

Un jour, 5 petits canards allèrent nageant, jusque de l’autre côté de la mare, et encore un peu plus loin.

Kwack ! Kwack ! Kwack ! Kwack ! dit maman cane.

4 revinrent.

L’étape d’après, 3 reviennent, puis 2, puis 1… La maman cane ouvre plus large son bec au fil de ces allers-venues décroissantes, haussant le ton à mesure que sa progéniture disparaît. Pendant ce temps, sans un son, un papillon voltige par moments et une grenouille joue à cache-cache parmi les roseaux ; pendant ce temps itou également, sans un mot, Amir apporte à ses amis bipèdes de quoi se ressourcer : des petits biscuits pour le goûter, l’occasion d’une grande réunion familiale de tous les bébés autour de la maman cane !

Chatons

Quand deux bébés chats naissent dans la grange, Amir leur apporte ses jouets pour les partager… avant de constater que les chatons ont d’autres jeux à lui proposer, comme monter sur des escaliers improvisés avec les balles de paille… mais aïe aïe aïe, comment descendre quand l’escalier s’est effondré ? Ouf, les mamans accourent et savent comment consoler leurs bébés : « d’abord, on leur fait un bon câlin… puis, on leur donne un bon goûter ! »

Mouche

Place à un album plus onirique (mais « d’après une histoire vraie » !) : ici, Amir, à l’heure de la sieste à la crèche, dort… ou ne dort pas… ! Toute son attention est concentrée sur les mouvements d’une petite mouche… tant et tant qu’il lui apparaît clairement qu’elle l’interpelle et l’invite à jouer avec elle :

« Bzzt, Bzzt, Amir ! » dit la petite mouche.

« Bzzt, Amir, tu vienz ! »

« Impossible », chuchote Amir, « je ne sais pas marcher au plafond ! »

« NORMALEMENT tu ne zais paz », dit la mouche

« Mais MAINTENANT, tu saiz ! »

Pour Amir, c’est le début d’une aventure… PARANORMALE : le temps d’une sieste sans témoin (autre que nous), le voici exceptionnellement et extraordinairement, et pourtant tout à fait naturellement, doté de toutes les capacités de cet insecte, marcher au plafond, voler, prendre de la hauteur voire la clé des champs… jusqu’à l’arrivée des dames de la crèche, du réveil collectif des enfants, à « l’heure du goûtezzz…. » !

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Ceci est un livre

Décidément, c’est l’année Magritte pour les tout-petits : après la parution de Ceci n’est pas un livre de Jean Jullien chez Phaïdon, voici que les éditions Thierry Magnier rééditent, en format tout cartonné, Ceci est un livre d’Antonin Louchard et Martin Jarrie !

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Au menu de cet (anti-)imagier :

  • la question de la représentation bien sûr : ceci n’est pas une pipe mais l’image d’une pipe, ceci n’est pas un pot mais l’image d’un pot…
  • mais aussi beaucoup de jeux de mots — homonymies, expressions plus ou moins figurées, vire-langues, et autres pirouettes —  pour ravir les bébés lecteurs ET leurs parents !!

Le tout s’emboîtant, s’enlaçant et s’enchaînant telle une joute poétique de haute voltige, ponctuée d’onomatopées bien senties.

En bref, un album intelligent et marrant, prenant résolument le contre-pied du genre imagier, pour inviter les enfants à (se) jouer des mots comme des images… sacré nom d’une pipe !

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Léon… l’étron

Un tout cartonné à l’humour mordant, 100% scato pour les petits marmots : Killoffer, illustrateur, scénariste et dessinateur de bandes dessinées fondateur de la maison d’édition indépendante L’Association, signe, chez Thierry Magnier, un livre « très marron en cacamaïeu » à destination des tout-petits en plein apprentissage du pipi-caca, et de leurs parents qui ont encore, bien souvent tant qu’ils n’ont pas trois ans ces petits anges, le nez dans leur caca.

Le titre et le héros de l’album ? Léon, étron de son état ! Oui, c’est le caca en personne qui vous parle, et en rimes, messieurs dames ! Mais je vois que vous ne me croyez pas… Pourtant, le voici le voilà, ce malheureux caca :

leon-l-etron-killoffer

Oui, Léon est un étron, mais non un joyeux luron : car de fait… le caca, c’est plutôt dégoûtant. Léon a en effet la larme à l’œil : c’est qu’en raison de sa pestilentielle odeur, il attire uniquement les mouches… tous les autres le fuient comme la peste, pas touche ! Le parcours de Léon est semé d’embûches : fuir les rouleaux de papier-toilette, affronter les multiples rejets dont il fait l’objet… jusqu’à, en proie à ses pires tourments, se lover enfin dans sa couche (eh oui bien sûr, Killofer présente son héros caca en train de piquer un somme dans la couche d’un bébé… sans le bébé ! de l’art de redéfinir le mot « couche » !)… Pourtant, Léon prend de bonnes résolutions : se muscler pour sculpter son corps en mode tablette de chocolat, se garnir de noisettes, de cacahuètes, se recouvrir même d’alu pour emballer peser le tout, mais… rien n’à faire, l’odeur le trahit ! Un caca, ce n’est pas du tout du tout du chocolat. Une seule solution alors pour Léon l’étron : admettre sa terrible condition d’étron, et finir… dans la lunette des toilettes !!

Un pari audacieux et astucieux : crotte alors, enfin un album original sur l’apprentissage de la continence, et avec quelle impertinence ! Qu’on se le dise, Léon pourra « trôner » en bonne place dans votre cabinet de lecture…

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La petite bête

Tout le monde la connaît, tout petits compris, l’histoire de la petite bête… qui monte… qui monte… qui monte… et qui fait des guili guili guili ! Tout le monde la connaît, mais seul Antonin Louchard s’est résolu à lui donner forme et consistance, jusqu’à en faire le personnage principal de toute une série de livres… dont la petite bête est la starlette !

 

Cette collection drôle et sympathique a plus de 10 ans de notoriété méritée : parue initialement chez l’éditeur PetitPOL (collection La petite bête) de 2004 à 2006 avec pas moins de 12 albums relatant les aventures de la petite bête (la peinture, le téléphone, la voiture, la maison, le repas, les peurs…), elle s’est ensuite invitée chez Gallimard Jeunesse (collection Giboulées), Bayard Jeunesse  (collection La petite Bête) et Thierry Magnier (collection Album).

Aujourd’hui, je vous présente deux albums de la petite bête :

Pouët ! pouët ! la petite bête

pouet pouet la petite bete louchardLe petit premier de la collection, paru le 1er avril 2004, avec ses frères et sœurs jumeaux Chapeau ! la petite bête, La peinture de la petite bête et Allô ! la petite bête, dont voici le texte fidèlement retranscrit :

Pouët ! Pouët ! Qui voilà dans sa belle auto ?

Vroum ! Vroum ! C’est la petite bête.

Vroum ! Vroum ! Au feu orange elle ralentit…

… et au feu rouge elle s’arrête. Pouët ! Pouët !

Mais quand le feu repasse au vert, Tuuuut ! Tuuut ! Pouët ! Pouët ! l’auto ne veut pas démarrer.

Pourtant le réservoir est plein !

Pourtant les pneus sont bien gonflés !

Zut ! C’est le moteur qui est cassé.

– C’est pas grave, dit la petite bête… Pouët ! Pouët !

… Je vais continuer à pied.

Et la petite bête de continuer en effet à pied, mais toujours dans la voiture, en la soulevant pour être plus à l’aise… car ne l’oublions pas, c’est écrit dans le titre, notre bête est petite, de même qu’un tout petit : son auto est à sa mesure, ce n’est donc point une auto d’adultes, mais un modèle réduit, jouet d’imitation… pour faire comme les grands… mais aussi comme on veut… alors pourquoi pas marcher pour se véhiculer !?

Un récit rythmé, ponctué d’onomatopées, aux illustrations sobres, colorées et si expressives, extrêmement vivant tant par sa description de la réalité (la circulation en ville, la signalisation routière, les klaxons, les embouteillages, l’entretien du véhicule…) que par l’imagination diantrement débrouillarde des petites bêtes enfants !

C’est la p’tite bête…

c est la ptite bete louchardLe petit dernier de la collection, le nouveau-né, paru le 6 mai 2015, 16 cm… et… xx kg ! La voici la voilà, l’histoire que tout le monde connaît, où l’on voit la petite bête monter, monter, monter tout là haut là-haut, et même encore plus haut, mais une fois au sommet, que se passe-t-il ? La solitude s’empare d’elle, c’est terrible ! Alors, toujours philosophe et résolue, la voici qui entame le chemin inverse, car… le saviez-vous ?… la petite bête descend également ! descend… descend et descend… et plus elle descend, plus c’est marrant !!!

Et vous, connaiss(i)ez-vous cette collection ? Si oui, laquelle des aventures de petite bête préférez-vous ?

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Les contraires… à l’endroit comme à l’envers !

Lumière aujourd’hui sur une perle de la littérature jeunesse, rééditée chez Thierry Magnier cette année en format carré tout cartonné : A l’endroit comme à l’envers, de Menena Cottin. Un livre, noir & blanc et une touche d’orange, à lire à l’endroit… mais aussi à l’envers, pour saisir un mot… et son contraire !

endroit envers menena cottin

Par son graphisme intelligent, porté par des contrastes de couleurs saisissants (ah… le noir et blanc et les petits enfants), Menena Cottin offre aux tout petits une expérience de lecture visuelle inédite : chaque double-page propose en effet une illustration dont le sens diffère selon la manière dont le bébé lecteur manipule le livre ! avec, en orange, des mots pour exprimer les tournures de langage désignant les opposés ainsi illustrés. En passant de l’endroit à l’envers et vice & versa, on passe en revue les contraires :

  • début ou fin d’un trait tracé au crayon
  • 10:10 ou 04:04 dit l’horloge selon comment on la prend
  • en haut ou en bas, désigne le doigt
  • flotter ou couler pour le bateau chahuté
  • printemps ou automne selon que l’arbre produit ou perd ses feuilles
  • été ou hiver selon que la plante pousse ou hiberne
  • monter ou descendre tel l’avion en vol
Un imagier design, original et ludique, continuant d’éveiller le sens de l’observation des jeunes lecteurs tout en les mettant à contribution pour construire le sens des premiers mots de tout horizon qu’ils apprendront : ici, les saisons, les verbes d’action, mais aussi quelques notions un peu plus abstraites… Quelques images ici-bas (si vous lisez cet article sur tablette, vous pouvez toujours tenter de retourner l’écran ^^) :
debut finen haut en basheures